À quoi est dû le désintérêt des électeurs québécois envers les élections municipales

Compte rendu de l'article Une campagne dans l’angle mort des Québécois ? d'Ariane Krol paru dans La Presse le 13 septembre 2025. URL: https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2025-09-13/elections-municipales/une-campagne-dans-l-angle-mort-des-quebecois.php.


L’intérêt de la population envers les élections municipales accuse un net recul comparativement à 2017. Le faible taux de participation aux dernières élections municipales, celles de 2021, s’expliquait essentiellement par la faible connaissance des enjeux et la faible confiance des électeurs envers les candidats et les élus, bien davantage que par la situation sanitaire liée à la COVID-19. Les électeurs s’intéressent bien moins à la chose municipale qu’aux ordres de gouvernement provincial et fédéral. La Presse s’en est remise à trois spécialistes pour tenter d’expliquer le phénomène. Selon Mireille Lalancette, professeure à l’Université du Québec à Trois-Rivières, le manque d’intérêt est attribuable au fait que les citoyens s’informent peu des enjeux à l’œuvre, d’où l’impression de futilité du vote qui prévaut. En outre, à l’heure actuelle, l’attention du public québécois est accaparée par d’autres enjeux ressentis comme primordiaux, à savoir l’économie canadienne, la menace américaine et les revers du gouvernement provincial. Enfin, l’insuffisance ou l’inefficacité de la couverture médiatique des campagnes électorales municipales dans les régions est un autre facteur à pointer du doigt, comme le confirment Emmanuel Choquette, professeur à l’Université de Sherbrooke, et Philippe Dubois, professeur adjoint à l’École nationale d’administration publique.

Espérant remédier à cette désaffection, le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation et Élections Québec ont lancé deux initiatives qui se proposent de raccourcir la distance qui sépare la population des candidats. La première consiste dans l’ajout d’une photo du candidat ou de la candidate sur le bulletin de vote et la deuxième, dans la mise en place d’une « vitrine » numérique qui permettrait aux candidats d’afficher leur photo et de se présenter succinctement. Si la ville de Montréal a souscrit aux deux initiatives, d’autres municipalités comme Québec n’ont embrassé que l’une des deux (en l’occurrence, celle qui concerne la vitrine électronique). D’autres enfin ont fait fi des deux initiatives. En effet, les deux initiatives ne comptent qu’une cinquantaine de municipalités participantes à l’échelle de la province.


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