Passages à retenir

Cette tactique a valu au gouverneur démocrate d’être surnommé par certains de ses partisans de dark woke, une manière pour eux de souligner son caractère malin.

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Caring for myself is not self-indulgence, it is self-preservation, and that is an act of political warfare.

Audre Lorde, écrivaine afroaméricaine

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Je les noierais sous les oui, je les saperais avec mes grimaces, je les entraînerais dans la mort et la destruction à force d'être de leur avis. Oui, et je les laisserais me bouffer jusqu'à ce qu'ils me vomissent ou qu'ils éclatent. Ils pouvaient bien plaisanter sur ce qu'ils refusaient de voir; ils pouvaient bien en blaguer.

Voilà un risque qu'ils n'avaient pas prévu. Voilà un risque dont ils n'avaient jamais eu idée dans leur philosophie. Ils ne savaient pas, non plus, qu'ils pouvaient se détruire à force de discipline; ils ignoraient que les « oui » étaient capables de les anéantir. Oh, oui, j'allais les abreuver de je les saperais avee les gado, de lo la mort et la destruction à force d'être de leur avis. Oui, et je les laisserais me bouffer jusqu'à ce qu'ils me vomissent ou qu'ils éclatent. Ils pouvaient bien plaisanter sur ce qu'ils refusaient de voir; ils pouvaient bien en blaguer.

Je leur en servirais jusqu'à ce qu'ils dégobillent et se vautrent dedans. Tout ce qu'ils attendaient de moi, c'était un rot d'acquiescement, et je le leur lâcherais comme un tonnerre. Oui, oui, oui! C'est tout ce qu'ils voulaient de nous, tous tant qu'ils sont; on devait nous entendre, sans nous voir, et encore notre voix devait se réduire à un grand chœur optimiste de oui m'sieur, oui m'sieur, oui m'sieur! Parfait, on allait les entendre mes oui, oui, mes ya, ya, mes si, si. Je me promènerais dans leurs boyaux avec des souliers à clous.

Ralph Ellison, Homme invisible : pour quo chantes-tu, trad. Magali et Roger Merle

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J. C. : Je ne blâme pas ceux qui, après 1945, ont dit que nous n’avions rien à voir avec les nazis. C’était peut être thérapeutiquement nécessaire après 1945, après l’horreur et la dévastation. De la même manière, je comprends le général de Gaulle qui dit que les Français ont tous été résistants. C’est faux, mais opportun pour reconstruire un pays. Par contre, je suis conscient que ce n’est pas de l’histoire, c’est de la mythologie politique. Quand je fais de l’histoire, je suis bien obligé de constater que le nazisme n’est pas un aérolithe qui a frappé la terre et qui s’est dissout. Ce n’est pas une génération spontanée qui s’est rabougrie. C’est un phénomène qui est issu d’une très longue temporalité culturelle, pas seulement allemande.

De nombreux travaux – dont les miens – montrent que les éléments constitutifs du nazisme n’ont rien d’originellement allemand : le racisme n’est pas inventé par les Allemands, pas plus que l’antisémitisme, le nationalisme, l’eugénisme ou le darwinisme social.

Tout ce qui structure l’univers mental nazi est généralement une denrée d’importation. Colonialisme, darwinisme social, racisme sont d’abord l’affaire des Britanniques et des Français qui créent les deux premiers empires coloniaux, puis des Américains qui ont un empire colonial à domicile avec l’importation massive d’esclaves pendant des siècles. Le nazisme est un phénomène qui est issu du cœur de l’Europe du XXe siècle.

Johann Chapoutot

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Let me be honest with you — a feat which, by the way, I find of the utmost difficulty. When one is invisible he finds such problems as good and evil, honesty and dishonesty, of such shifting shapes that he confuses one with the other, depending upon who happens to be looking through him at the time. Well, now I've been trying to look through myself, and there's a risk in it. I was never more hated than when I tried to be honest. Or when, even as just now I've tried to articulate exactly what I felt to be the truth. No one was satisfied — not even I. On the other hand. I've never been more loved and appreciated than when I tried to "justify" and affirm someone's mistaken beliefs; or when I've tried to give my friends the incorrect, absurd answers they wished to hear. In my presence they could talk and agree with themselves, the world was nailed down, and they loved it. They received a feeling of security. But here was the rub: Too often, in order to justify them, I had to take myself by the throat and choke myself until my eyes bulged and my tongue hung out and wagged like the door of an empty house in a high wind. Oh, yes, it made them happy and it made me sick. So I became ill of affirmation, of saying "yes" against the nay-saying of my stomach — not to mention my brain.

Ralph Ellison, Invisible Man

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C’est là que le bât blesse. Car pour accroître l’adhésion au système, il faut que les citoyens aient confiance en l’État et qu’ils comprennent où va leur argent, explique Jacques Forest, ce qui est très puissant dans les pays scandinaves, où il s’est rendu souvent. « Donc, n’importe quoi qui augmente la perception de confiance et d’équité va renforcer le fait que les impôts, c’est une mission sociale soutenue par l’individu au bénéfice du collectif. »

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Comprendre, ce n’est pas donner raison ni normaliser. C’est une preuve de curiosité et d’empathie intellectuelle. Et ça renforce la crédibilité de la critique qui s’ensuit.

 Martin Desrosiers, auteur de l’essai L’art de ne pas toujours avoir raison

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Desrosiers distingue entre l’ignorance et la bêtise. La deuxième est plus grave. Il s’agit en fait d’une double ignorance — on ne sait pas qu’on ne sait pas. Pire, on en fait une certitude. C’est d’autant plus triste quand la personne avait les moyens intellectuels de voir clair. Mais la vanité aveugle. Voilà une forme d’« intelligence stupide », écrit Desrosiers en reprenant l’expression de Robert Musil.

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Depuis le 7 octobre, au moins de 46 913 Palestinien·nes, dont 14 492 enfants, ont été tué·es par l’armée israélienne à Gaza. Ce bilan pourrait s’alourdir au cours des prochaines semaines, alors que les Nations unies estiment que plus de 10 000 personnes sont toujours sous les décombres. Lundi, un jour seulement après le début du cessez-le- feu, 137 dépouilles ont été découvertes à Rafah. La réalité, c’est que c’est grâce au fait que le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni et tous les alliés d’Israël l’ont soutenu, en fournissant un soutien diplomatique, économique, militaire, idéologique, etc. C’est aussi eux qu’on doit tenir responsables, les alliés d’Israël sont tout autant responsables du génocide. Charles-Philippe David ajoute un autre exemple : « Un juge d’une Cour fédérale a dû stopper le projet de suspendre les subventions du gouvernement fédéral en disant que ce n’était pas légal, parce que c’est au Congrès de décider ça et non pas au président. » Ces poursuites, note-t-il, se multiplient dans plusieurs États. « Ça va sortir au compte-gouttes et là, il y aura des juges qui vont dire non. Il suVt qu’il y ait une interdiction dans une Cour fédérale d’un État pour que ça s’applique à l’ensemble des États-Unis. C’est là- dessus qu’il faut compter à court terme. »  

Léa Beaulieu-Kratchanov

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Il faut comprendre que l’extrême droite n’est pas un bloc monolithique; c’est un spectre. Parfois les membres les plus extrémistes (lire ici : néo-nazis) taisent leurs ambitions, édulcorent leur discours et se rallient à des voix plus « modérées » pour éviter de rebuter la population générale et se rapprocher du pouvoir. C’est vrai en Allemagne, c’est vrai en Suède, c’est vrai en France, au UK, aux États-Unis, au Canada, au Québec et j’en passe.  

Danessa V. 

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Ms. Pelly looks at all this and asks: At what cost? She’s been report­ing on Spo­tify for years, mostly for an icon­o­clastic pub­lic­a­tion called the Baffler. She’s an indie-music fan and no friend of what one ex-Spo­tify engin­eer she inter­viewed calls “brain-turned-off listen­ing.” (...) Her biggest objec­tion, however, is to Spo­tify’s devalu­ation of music and, not coin­cid­ent­ally, musi­cians. She doesn’t care if Spo­tify makes a profit; she cares whether music as a recog­niz­ably human-gen­er­ated art form sur­vives the algorithmic imper­at­ive. (...) ...the more user data you have, the stronger product you can have,” Pelly explained on a recent Zoom call from her home in Brook­lyn. The com­pany is effect­ively selling your own music taste back to you, she said: “the data becomes its own com­mod­ity.”(...) It’s never purely cri­ti­cism of the tech­no­logy,” said pelly, who has also writ­ten about the music industry for The Baffler. “It’s cri­ti­cism of the ways that power, eco­nom­ics, and polit­ics inform that tech­no­logy.” (...) For her book, Pelly inter­viewed Nick Seaver, an anthro­po­lo­gist at Tufts Uni­versity who stud­ies how people use tech­no­logy to make sense of cul­ture. In a sep­ar­ate inter­view, he noted that Spo­tify is just one of many types of stream­ing ser­vices and social media apps that are increas­ingly influ­en­cing users by min­ing their per­sonal data (some­times called “sur­veil­lance cap­it­al­ism”). (...) “It’s a con­fus­ing kind of power,” he acknow­ledged. “It’s not like spo­tify is telling you what you must listen to. but it’s a subtle form of influ­ence which can be pretty per­ni­cious.” (...) whereas spo­tify’s founders once envi­sioned them­selves as “the Google of music,” the com­pany’s engin­eers are now devoted, accord­ing to Pelly, to groom­ing what they call the “lean­back” listener — someone who uses the ser­vice primar­ily as back­ground music. the com­pany no longer thinks of other music stream­ers as com­pet­i­tion. their only com­pet­itor, as ek has said, is silence. (...) At the con­clu­sion of her book, Pelly offers some “eth­ical altern­at­ives” to the “Mood Machine”: buy­ing music dir­ectly from artists and inde­pend­ent labels, sup­port­ing local radio sta­tions and legis­la­tion that pro­tects work­ing musi­cians.

Frank Rose, ‘Mood Machine’ Review: Against the Stream (The Wall Street Journal)

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Je trouve ça étonnant qu’on soit les seuls à s’astreindre à ce travail sur le programme. Des gens arrivent dans le débat et se disent avoir réfléchi à être candidat à la présidentielle… Et personne ne les interroge sur le fond de leur projet (…) Le débat politique est de plus en plus tourné autour de personnages providentiels. C’est un appauvrissement idéologique total. Y compris chez nos partenaires de gauche, je suis bien en peine de vous dire quel travail sur le fond est mené. (…) Il faut maintenir le cordon sanitaire vis-à-vis de l’extrême droite, ce n’est pas une force comme les autres. Ils ne doivent pas accéder à des postes à responsabilité à l’Assemblée, on s’oppose à leurs textes, on défend nos arguments, on ne cède pas d’un pouce sur leurs sujets, on saisit toutes les occasions pour rappeler les faits.

Clémence Guetté devant Lucas Sarafian, Faire mieux : et si c’était Clémence Guetté ? (Politis)

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Tous ceux qui sont en désaccord avec les leçons de ce chapitre ne sont pas en désaccord avec moi, mais avec l’arithmétique.

David Chilton, Le retour du barbier riche, trad. Annie Ouellet

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Jadis, la critique défendait des œuvres méconnues, ouvrait des perspectives nouvelles et engageait des discussions enrichissantes. Aujourd’hui, les playlists automatisées, les influenceurs et les stratégies marketing éclipsent cette fonction, laissant place à une standardisation du goût musical.

Nidam Abdi

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À Mar a Lago, depuis la victoire de Donald Trump, la fête n’en finit plus. Les puissants du monde entier, de l’argentin Javier Milei à Viktor Orban, comme les Américains (le futur ministre Elon Musk, Sylvester Stallone, Jeff Bezos, Mark Zuckerberg ou Ted Sarandos, le patron de Netflix), accourent pour présenter leurs hommages au president elect dans son immense palais de Palm Beach.

Joël Schnapp

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Dans quatre ans, vous n’aurez plus à voter à nouveau. Nous aurons tout arrangé.

D. Trump, discours aux chrétiens du groupe Turning Point Action, 26 juillet 2024, cité par Virginie Larousse

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Si Joe Biden lègue à son successeur une croissance robuste et un chômage très faible, son mandat reste synonyme pour les ménages américains de très forte hausse du coût de la vie.

Aurélia End

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Se voit alors redéployée la dynamique queer d’appropriation et de revendication du stigmate et de l’insulte (voir Mercier, 2021) dont le contenu infamant est retourné en bannière rassembleuse.

Corentin Lahouste

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Puis, arrive la pandémie, qui a causé de nombreux problèmes dans la chaîne d’approvisionnement. Les gens ne pouvant plus sortir, ils se sont mis à dépenser pour des biens. La production n’a pas pu suivre la demande, alors ça a causé de l’inflation, poursuit M. Lévesque. Pour lutter contre l’inflation, les banques ont augmenté les taux d’intérêt. Depuis 2023, l’économie ralentit et les taux ont recommencé à descendre. Comme c’est toujours le cas lors d’un ralentissement économique, ce sont les derniers arrivés sur le marché du travail qui sont les plus affectés.

Marie-Ève Martel

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Dans les rues de la capitale, le conservatisme américain déploie ses extravagances. Une armée bruyante incarnant une idéologie bâtie sur le culte du succès, le déni des inégalités, le recul des protections sociales et une compétition acharnée pour dominer son prochain. Le tout forme un tableau saisissant : celui d’une collectivité en déclin, marquée par la peur, désorientée par un néolibéralisme vorace et une boussole politique brisée.

Jean Bourbeau

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Elon Musk a toujours été très vocal vis-à-vis de ses performances dans le jeu vidéo. C'est une manière de renvoyer l'image d'un surhomme pour celui qui veut aller coloniser Mars, en faisant appel à tous les leviers virilistes autour du culte de la performance et de l'intelligence", décrypte Héloise Linossier, journaliste et membre fondatrice du média spécialisé Origami.

Grégoire Sauvage

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Le peuple américain devrait croire le président Trump et ces PDG sur parole : ces investissements arrivent dans notre grand pays et les emplois américains arrivent avec eux.

Karoline Leavitt, porte-parole de Donald Trump, devant la chaîne Fox News, citée par l'Agence France Press

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L’écart croissant entre la productivité (donc, rendement ou profit) et le salaire moyen des travailleurs est dû au fait que les revenus de ce rendement vont partout, sauf dans les chèques de paie de 80% des travailleurs les plus pauvres. (...) Si ces revenus ne finissent pas dans les chèques de paie des travailleurs ordinaires, où est passée toute la croissance des revenus associée à ligne de productivité croissante? (...) Essentiellement, ils sont allés à deux endroits: dans les salaires des employés des entreprises et des professionnels hautement rémunérés ainsi que dans des profits plus élevés, c’est-à-dire vers des rendements pour les actionnaires et autres détenteurs de richesses.

Tom Creary

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La « pollution » des traductions nouvelles par la piètre qualité de contenus se trouvant dans certaines mémoires a été dénoncée par de nombreuses personnes menant une réflexion solide sur le problème de l’idiomaticité et de la qualité. On peut citer Lionel Meney, qui signale que « les sites gouvernementaux canadiens de traduction et de terminologie emmagasinent les mauvaises traductions antérieures, qui servent de modèles aux nouvelles traductions » et que « les sites de traduction privés internationaux, comme Linguee ou Reverso, reprennent trop souvent ces textes sans le discernement nécessaire[1] ». Cette idée est récurrente depuis trente ans.  

François Lavallée

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À mesure que l’éclat des soirées enivrées s’éteint, une nouvelle génération se tourne vers des modes de vie axés sur le bien-être, l’équilibre et la conscience de soi. Les beuveries et leurs inévitables lendemains difficiles cèdent la place à des pratiques plus saines : sport, randonnées, alimentation réfléchie et matinées productives. Ce n’est pas une simple mode, mais un mouvement profond témoignant d’une quête pour une meilleure santé physique et mentale.

Jean Bourbeau

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La chose est si frappante qu’on serait tenté d’en tirer une loi générale : chaque fois ou presque qu’un film se présente comme le prône d’une expérience pure, délestée de toute médiation, il y a de grandes chances qu’il éprouve le besoin de se désigner des ennemis. De grandes chances qu’il ait autant – sinon plus – affaire avec cette impureté dont il ne veut pas qu’avec la pureté qu’il désire. On le croyait parti pour jeter la rhétorique par-dessus bord. Et voici qu’il finit par l’appeler à la rescousse. Plus un film se veut fermé, et plus il a besoin d’écarts et de repoussoirs. C’est exactement ce qui arrive dans ce film démonstratif et lourd, discoureur sous couvert de laconisme, moins souverain qu’emprunté, en dernière instance, qu’est Le Dernier Tango à Paris.

Emmanuel Burdeau, https://www.lemediatv.fr/articles/2025/le-cinema-du-media-11-lagent-du-beurre-bZ_Pz1SSSBepIjTGKzmY9w

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David Chilton, Le retour du barbier riche, trad. Annie Ouellet

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Ce faisant, Lacan a introduit une distinction entre le « je » et le « moi », c’est-àdire entre le sujet et l’ego. Le « moi » relève du narcissisme, de la représentation de soimême dans le regard de l’autre, alors que le « je » donne accès à l’inconscient. La parole pleine ne vient pas du « moi », mais d’un lieu où le sujet ne sait plus ce qu’il dit.

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C’est comme les chansons, j’ai pas envie de réécrire mes chansons, c’est du premier jet, je les garde comme ça, et le livre c’est pareil, les concerts c’est pareil. Même le studio, c’est pareil, j’essaie que ça soit le plus possible comme ça. Tout est du premier jet. J’ai l’impression de mentir aux gens si je réécris mes chansons ou mes textes.

Dider Wampas

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Au cours des dernières décennies, dans le lexique des organisations publiques, en plus de l’efficacité, de l’efficience et de l’innovation, s’est faufilée puis imposée la notion de client. Même si les termes « usagers » en santé, « élèves » en éducation et « citoyens » en environnement et en aménagement du territoire sont maintenus, lorsqu’on creuse un peu, et pas très loin de la surface, le client réapparaît : clientèle vulnérable, aux besoins particuliers, service à la clientèle. (Le Devoir)
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Ce manque de mouvement et de chaleur se traduit également dans la relation avec le public : Yanya ne prend presque pas la parole, créant ainsi une distance qui rend l’expérience plus contemplative que vivante. (Le Canal auditif)
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Parallèlement, l’ONU continue de dénoncer des attaques israéliennes visant des ambulances et des centres de secours. 

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Surtout, la psychanalyste continue d’exercer son influence dans d’autres domaines. Notamment la culture populaire (voir page 37), mais aussi, et particulièrement, les médias et même les tribunaux, où des experts psychanalystes livrent leurs analyses des accusés et témoins sans aucune légitimité scientifique (voir page 35). Une situation à mettre sur le compte d’une longue tradition française et sur le charisme de ses porte-parole, de Jacques Lacan à Françoise Dolto, qui ont réussi à ériger la psychanalyse comme philosophie de haute volée dans les salons parisiens, mais aussi une technique de soin quasi mystique séduisant les élites et tous ceux qui aiment parler d’eux dans un beau décorum, avec tapis persans au sol et masques africains au mur. « Elle peut en tout cas être vue comme un outil de développement personnel intéressant, tempère le Dr Guillaume. Mais aujourd’hui, lorsqu’il s’agit de soigner des troubles psychiques précis, il convient davantage de recommander des thérapies qui ont démontré leur efficacité. » (L’Express)

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Une différence radicale entre Freud et Lacan est la façon de s’exprimer. Le premier voulait se faire comprendre. Lacan utilisait une phraséologie quasi incompréhensible. Ses dévots imaginent que ses paroles sont des révélations, réservées à une élite, de l’arrière-monde psy. Ils croient comprendre ses textes car ils se meuvent à travers eux en passant de mots qu’ils comprennent à d’autres mots qu’ils comprennent, comme une grenouille qui traverse un marais en sautant de nénuphars en nénuphars.  (L’Express)

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C'est une histoire connue, et pourtant, autour de moi, beaucoup ne la connaissaient pas. Enzo Traverso écrit que l'expérience nazie connait une suite après 1945, que le colonialisme qui s'est déchainé en Algérie n'est pas étranger å cet échec du nazisme, lequel s'est recomposé ailleurs avec d'autres ennemis, passant de la figure du juif à celle de l'indigène. Après 1945 surgit de cette histoire la construction européenne, et cela continue : la séparation ne se fait plus entre les peuples d'Europe, mais entre l’Europe et le reste du monde, entre les mondes colonisés et ceux qui colonisent. J'ai insisté sur l'histoire du Front national car il est à la jonction de cette double histoire. Ceux qui l'ont formé venaient de partis nazis et se sont alliés å des gens qui n’étaient pas versés dans le nazisme, mais dans la guerre en Indochine   

Kaoutar Harchi

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Comme l'écrit Christian 
Salmon dans son prochain livre, Empire du discrédit (Les liens 
qui libérent, en librairie le 9 octobre), "partout, le trash-talk 
ravive les passions, mobilise les partisans, tente de désargonner 
l'adversaire. Les politiciens y ont recours quand il s 'agit d'attaquer 
un opposant. [... ] Plus qu'un simple langage grossier, le trash-talk 
est le principe de base de tout divertissement populaire, de la télé- 
réalité aux débats télévisés. C'est l'art de créer de la rivalité partir 
de rien et de porter ce rien l'incandescence". 
le servtce public." Une cralnte partagee par June Neveux, 
qui s'émeut de la structuration de la parole publique dans 
les médias : "Le niveau de diffusion et de circulation d'éléments 
de langage d'extréme droite, le niveau d'imprégnation de la société 
civile n'ajamais été aussi élevé en France. Au secours!
Jean-Marie Durand

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Les métiers du secteur de l’électricité, du transport, de la construction, de l’agriculture ne sont « pas prenables en ce moment », dit M. Parent-Rocheleau, membre de l’Observatoire sur les impacts sociétaux de l’IA et du numérique.

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Ce qui est pernicieux, c’est le désir de reproduire ce qu’on a lu. Plus on lit de littérature blanche, peuplée de gens ambitieux qui se promènent, disons-le ainsi pour caricaturer, au jardin du Luxembourg, plus on a tendance à la reproduire car on pense que c’est ça, la littérature. Cela se craquèle de plus en plus.

Alice Zeniter

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... music is getting worse

Rick Beato

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Parce que peu importe à quel point Hollywood se targue d’être progressiste, le stéréotype perdure et contribue à la prévalence d’une idéologie patriarcale qui dénigre les femmes qui font des choix de vie atypiques. Plutôt que de célébrer l’indépendance, on moque la marginalité afin de renforcer le statu quo.

Audrey Boutin

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J’ai le droit de ne pas être en forme.

Pierluigi Graziani, Lucia Romo, Surmonter un problème avec l'alcool

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Donner un nom aux choses vous donne l’illusion de les contrôler

Loo Hui Phang et Benjamin Bachelier – Oliphant

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Asking a translator to “just proofread” AI generated crap is like asking a mechanic to paint a Panda red and call it a Ferrari because that would make them both Italian red cars.

If a client does not see the difference, the world will.

If your try to explain the difference with this easy-peasy metaphor and they still do not understand, let them drown in their ignorance because they’re unfair competition to the clients who will see the difference, and reward you accordingly.



You wake up with a toothache. But since you’re clever and always looking for ways to save a few bucks, you ask ChatGPT how to fix your tooth, get to work with a hammer and screwdriver, and proudly show up at your dentist’s office an hour later with your “rough draft” all done! 👍

“Hi, I’ve already done a first pass and fixed 90% of my toothache thanks to AI and a few household tools,” you manage to sputter.

“I want you to fix the rest. I have $10 in cold, hard cash with your name on it—it’s your lucky day!” 💲💲💲

You gleefully dangle the bill in front of the dentist’s eyes, waiting for him to jump like a puppy at the opportunity to make real-life money!

This is what it feels like for translators who receive an AI rough draft of a translation and are asked to “just proofread this, at a discount.”
It’s insulting, and equally importantly, it won’t achieve anyone's professional goals.

Like the toothache, which has now spiralled into a major health problem that will require expensive surgery, a revised machine-translated text will be a train wreck that calls for a complete (and more expensive) rewrite.

Clients: For your own sake, please hire a professional translator ✅

Translators: For your own sake, please don’t accept humiliating machine-proofreading jobs 🙏

Joachim Lépine 

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Ce qui est présenté comme une réduction des coûts n’est en fait qu’un transfert de dépenses.
Michel Feltin-Palas
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L'homme a besoin de calme, de silence, de constance et de douceur. Pourtant il passe son temps à rechercher l'effervescence, à s'immerger dans le bruit, à traquer l'événement et à se gaver du spectacle de la violence...
Et s'il le fait, c'est essentiellement par peur du vide, par méfiance vis-à-vis de la lenteur et du vertige de l'infini et par défiance par rapport à l'éternel recommencement des jours et des nuits.
Quand ces quatre-là sont maîtrisés, alors, il se rend compte que la recherche permanente d'événements, la tendance à gâcher le silence, l'attrait pour la fulgurance, la brutalité et la rapidité ne sont que des leurres de l'esprit dans lesquels il vient se fourvoyer et contre lesquels il vient s'échouer.
L'être humain se perd ainsi souvent en prenant la vitesse pour un indice de performance, en confondant la brutalité avec un indicateur de force, en faisant de l'évènement une composante essentielle du divertissement et en associant le bruit à l'expression tonitruante de la vie.
Mais bien vite, la vitesse l'épuise, la violence l'insécurise, la succession d'événements l'ennuie et le bruit l'agresse.
Alors il conçoit enfin que le silence est un refuge, que la lenteur est un luxe, que la véritable force réside davantage dans la douceur et qu'un paysage quand il n'est traversé d'aucun événement est un gage de sérénité...
Bruno Humbeeck
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La langue évolue, mais le discours sur la langue aussi. Et ce n’est pas sans une certaine tristesse que j’ai vu survenir, au fil de ma carrière, un certain discours réducteur sur la langue. Un discours qui veut faire de la langue non pas un outil de dépassement, mais un plus bas dénominateur commun. Les origines de ce discours sont faciles à cerner, au moins sur deux plans. Sur le plan psychologique, il trouve ses racines dans l’humiliation que trop d’enfants ont connue dans l’apprentissage et la pratique du français. Ces enfants, devenus grands, lancent leur cri du cœur à toute la communauté : « Plus jamais! »
Sur le plan socio-historique, notre civilisation marche depuis longtemps vers la désélitisation, si vous me permettez ce néologisme. Vous me direz peut-être qu’il serait plus simple de parler de « démocratisation », mais ce terme est piégé, car il peut être interprété dans deux sens inverses. Dans le domaine de la langue, la démocratisation pourrait consister à alphabétiser toute la population, pour que la maîtrise de l’écrit ne soit pas l’apanage d’une élite qui en abuse. C’est le grand idéal hugolien du dix-neuvième siècle, qui a débouché sur l’instruction obligatoire, règle acquise depuis longtemps dans les pays occidentaux. Mais la notion de démocratisation peut aussi signifier qu’au lieu d’élever tout le monde pour donner à tous un accès au meilleur, il s’agisse de rabaisser les sommets pour mettre ceux-ci à la portée d’une population qu’on juge incapable d’apprendre. 
C’est ainsi qu’au lieu d’investir dans l’alphabétisation de ceux qui savent moins, par exemple, on investit énormément d’argent, de temps et d’énergie pour inciter ceux qui savent plus à sabrer leur lexique et à réduire la longueur de leurs phrases selon une règle mathématique. C’est ainsi que, pour la première fois depuis les grands idéaux démocratiques qui remontent aux Lumières, la société renonce à progresser pour plutôt se donner comme horizon la régression et le rabougrissement. Au lieu de tirer l’ensemble vers le haut, on coupe les têtes qui dépassent.
François Lavallée
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Peut-être qu’il vous paraît incongru que j’évoque Racine et Voltaire en m’adressant à un public qui traduit au quotidien des bulletins internes, des communiqués et des instructions de connexion à une plate-forme infonuagique. Certes, on n’écrit pas une page Web sur les conditions d’admissibilité à une subvention avec les mots de Montesquieu ou de Camus, mais la philosophie qui nous incitera à choisir le mot juste et la juste formulation, c’est eux qui l’ont développée avant nous, et c’est sur ces précédents et ces outils que nous pouvons nous appuyer pour rendre clairement le message que nous avons pour mission de faire passer.
François Lavallée

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C’est de la maîtrise de la syntaxe et de la richesse du vocabulaire que naît la clarté, pas du mépris de l’un et de l’appauvrissement de l’autre.
François Lavallée
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Garde les yeux fixés sur ce que tu es capable de devenir, comme ce petit qui, malgré les obstacles, sait sans l’ombre d’un doute qu’il sera une référence pour les autres, un modèle à suivre.
Est ce que tu vis pleinement de tes dons et talents ou tu te contente juste d’exister ?
Prend ton avenir en main ne laisse pas le hasard ou quelqu’un d’autre le faire à ta place.
Mon métier n’est pas d’être un locuteur natif, c’est de traduire / de trouver, d’organiser et de présenter l’information
Jean-Francois Kacou
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Le français n’est pas ma langue maternelle, c’est mon métier.
Мon métier n'est pas d'être un locuteur natif, c'est de traduire.
Yavor Petkov
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Michel Rabagliati
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Peut être vous est il déjà arrivé de parler à chaud d’un sujet ou de quelqu’un et de vous dire quelques instants après que vous auriez dû vous taire...
Alors, pour éviter ce type de désagrément il existe une technique de communication facile à retenir car basé sur un acronyme très approprié, la méthode PENSE (avant de parler) qui est présentée dans le visuel de ce post et qui rappellera à certains le célèbre test des 3 passoires de Socrate.
Cette méthode peut également servir quand vous répondez à chaud à des messages types mails ou sms où parfois les émotions l’emportent sur la raison. Il est judicieux dans ces cas là d’attendre un peu avant de répondre (ou pas) pour éviter de surréagir avec des conséquences qui peuvent être très fâcheuses pour soi et pour le destinataire du message.
Cédric MAULARD



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Pour comprendre la différence entre le mode de calcul d’un ordinateur classique et celui d’une machine quantique, la métaphore du labyrinthe, qui représente le problème à résoudre, est souvent utilisée. Un ordinateur classique doit explorer tous les chemins, aller dans les culs-de-sac, revenir sur ses pas, avant de trouver la sortie. L’ordinateur quantique a la faculté de superposer plusieurs avatars qui vont explorer simultanément toutes les voies et trouver la solution plus rapidement.
Marine Corniou
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Il est tout d’abord recommandé d’écouter son baladeur au plus pour 60 minutes à 60 % du volume maximal de l’appareil.
Familiprix
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Si nos économies ne sont pas suffisantes pour acheter un véhicule, alors la solution est d’accumuler quelques milliers de dollars le temps de pouvoir s’offrir une belle Honda Civic 2011 (et me rendre jaloux). Ou alors on prend l’autobus, le vélo, n’importe quoi – tout sauf dépenser de l’argent qui ne nous appartient pas pour zigzaguer sur les routes de la province au volant d’un La-Z-Boy motorisé à pédales, pour reprendre les mots du blogueur financier Mr. Money Mustache (que vous devriez lire).
Nicolas Bérubé
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Je pense que l’EDI c’est une volonté de mettre autour de la table tous les humains qui composent notre société et qu’au sein de nos entreprises, tous aient une voix et qu’elle soit entendue. Je pense qu’il y a assez de place pour tout le monde, parfois il faut juste réaménager l’espace.
Rafaël Provost dans Les affaires

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On devrait faire la promotion des activités modérées mais fréquentes pour maintenir notre population en bonne santé, plutôt que des choses extrêmes. Il faut revaloriser l’ordinaire.
Michel White, cité par Gabriel Béland dans La Presse
 
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[...] je crains que le temps ne vienne où, au lieu de notre renommée actuelle de guerriers, nous ne serons plus connus que comme des tyrans avides.
Philippe Labrecque, Quatre leçons d’affaires à retenir de l'empire portugais
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La justice prend plus de temps que l'injustice. On a vu, le 6 janvier 2021, que l'ordre constitutionnel peut être détruit en une seule journée, même si ça nous a pris deux siècles à le construire. Ça prend du temps pour réparer les dommages.
                                                  

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Pour moi, fumer, c'est comme avoir un meilleur ami qui essaie toujours de te tuer [...].

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L'intelligence artificielle stimule et envoûte la bêtise naturelle :

Les Québécois sont par ailleurs plutôt satisfaits des résultats de leurs demandes, 89,8 % estimant que ChatGPT y a bien ou très bien répondu. Petit paradoxe, 58,3 % avouent tout de même que l’IA leur a « parfois » ou « rarement » transmis de l’information erronée.
Si on scrute plus attentivement les résultats, on constate que cette réponse augmente avec le niveau de scolarité. Alors que 51,9 % des répondants détenant un diplôme d’étude secondaire ou moins ont eu droit à de l’information erronée, ce sont 64,7 % des diplômés universitaires qui l’ont relevé.
Quand on leur demande dans quel domaine l’IA pourrait apporter le plus de bénéfices à l’humanité, on obtient des réponses plutôt terre-à-terre. La réponse la plus populaire : la cybersécurité et la détection de fraudes, choisie par 53,1 % des répondants. Viennent ensuite la traduction de textes (50,4 %) et la santé (48,9 %). Le choix suivant laisse quelque peu perplexe : l’exploration spatiale est choisie par 43,8 % des répondants.

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Keysar suggests that people employ more careful and deliberative thinking when using their foreign language: “You need to make sure that what you say, and how you understand things, is correct.” And they apply the same attention to the monitoring of their memories, leading them to question the accuracy of their recollections rather than simply recounting the first thing that comes into their heads.
 
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 Wherever you stand on the “fear or embrace” spectrum, I think it’s really important to understand how AI tools work and what they can and cannot do, so that you know when they might be helpful. I think this is also true of machine translation: whether you find MT really helpful or totally useless in your own work, you need to know what it is and how it works, so that you can offer an intelligent response when clients ask you about it, and so that you can make an informed decision about whether you want to use it.

There’s already a pretty big market for “good enough” translations: translations that are neither great nor terrible. And if a client’s main concerns are price and speed, with quality in third (or distant third) place, AI-assisted translation plays right into that market. For an end client that really doesn’t care about translation, and is only doing it because they have to, it’s appealing to get the translation done faster and cheaper (more on this below).

That being said, I would encourage anyone reading this to think about whether or not you’re interested in working on AI-assisted translations. I honestly think that there’s enough high-end translation work, for clients who really care, to keep a lot of people busy for a long time. I actually think that the high end of the translation market is kind of underexploited by freelancers (a topic for another post!).

aiming for the high end of the market, where clients care much more about quality than price, is the way to go in any freelance knowledge profession, because there is no way that AI can compete with human creativity and linguistic resourcefulness. 

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The Japanese believe that everyone has their own Ikigai and finding it is an essential journey to bring satisfaction and meaning to life.

 
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L’un des objectifs des ateliers était ainsi de permettre aux personnes y participant d’atteindre rapidement le flow, cet état mental théorisé par le psychologue hongrois Mihály Csíkszentmihályi, représentant la capacité à s’absorber totalement dans la tâche en cours pour favoriser la concentration et le bien-être.
(...)
 
Voici une séquence d’exercices de Journal Créatif®, telle que je la propose dans l’un de mes ateliers. Je vous invite à vous installer confortablement et à vous munir de votre cahier et de votre matériel. Le temps indicatif est précisé (vous êtes libre de le respecter ou non).

Gribouillez dans votre cahier les yeux fermés (ou ouverts si c’est plus confortable) et cherchez dans votre gribouillis un personnage, un animal ou un objet qui vous apparaît spontanément : tracez-en les contours et coloriez-le. (3 minutes)
Écriture spontanée (5 minutes) : « Mon personnage / animal / objet m’invite à faire une pause pour… ». Complétez la phrase en vous laissant guider par votre stylo. Vous pouvez écrire autour de votre gribouillis si vous le souhaitez.
Cherchez 2-3 images dans un magazine qui évoquent pour vous le fait de « faire une pause » et collez-les sur la page (ou sur une autre page si la place vous manque). Donnez-leur un titre. (10 minutes)
Relisez le texte et les titres des photos, encerclez les mots qui vous semblent importants. Posez-vous les questions suivantes et écrivez vos réflexions dans votre cahier : « qu’est-ce que j’en retire ? », « comment puis-je faire une vraie pause ? ». (5 minutes)
Enfin, remerciez-vous d’avoir pris ce temps pour vous.
Idem

«L’espace public est un lieu de cohabitation et la cohabitation crée forcément des tensions, explique Carolyne Grimard. La gentrification a pour effet de déplacer les services communautaires qui composent le tissu social des personnes itinérantes. Quand l’architecture est utilisée pour créer un idéal harmonieux, ça profite plus à un groupe qu’à l’autre, ça invisibilise et exclut certaines personnes.» 

Bérengère Beaurain, Prévention du burnout avec le Journal Créatif®
 
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Créer ou intégrer un collectif formel ou informel est une solution efficace pour sortir de l’isolement à condition que ce ne soit pas la seule motivation pour travailler au sein d’un groupe. Sortir de son isolement veut également dire sortir de sa zone de confort, et s’éloigner parfois de ses convictions et façons de faire. Avoir toujours fait les choses d’une certaine manière ne signifie pas qu’il n’y en a pas de meilleure, et une bonne dose d’ouverture d’esprit est indispensable.

Syllabés
 
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Comment poursuivre des fins à long terme dans une société qui ne connaît que le court terme ?
Comment entretenir des relations sociales durables ?
Comment un être humain peut-il se forger un itinéraire dans une société faite d’épisodes et de fragments ?

Richard Sennett
 
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À la lumière de ces constatations, il nous paraît important de mettre en garde les traductrices et traducteurs contre les promesses de gains de temps sur lesquelles reposent la plupart des discours qui promeuvent la TAN et la PE et dont usent régulièrement certains acteurs du secteur : l’utilisation des nouveaux outils d’accélération et de rationalisation basés sur l’intelligence artificielle (IA) ne se traduira pas par une amélioration de leurs conditions de travail, mais tout au contraire par une intensification extrême, qui aura assurément un impact négatif sur leur bien-être. Que l’on songe, à titre d’exemple, à l’aliénation massive des ouvrières et ouvriers entraînée par la révolution industrielle : l’intensification du travail manuel ne s’est jamais réalisée au bénéfice des travailleuses et travailleurs, qui ont pour la plupart été contraints de se soumettre à la cadence des machines, et l’on peut donc douter qu’il en ira autrement pour les travailleuses et travailleurs d’autres secteurs aujourd’hui touchés par les effets de la révolution numérique. Rappelons notamment que les économies permises par l’IA sont considérables ; or comme l’avait noté en 1954, dans une formule choc, le mathématicien Norbert Wiener, considéré comme le père de la cybernétique : Toute main-d’œuvre, dès lors qu’elle est mise en concurrence avec un esclave, que l’esclave soit humain ou mécanique, doit accepter les conditions de travail de l’esclave. (Wiener cité dans Izoard, 2020 : 102)
 
Laura Hurot, « Slow translation : un remède possible au mal-être ? »Traduire [En ligne], 248 | 2023, mis en ligne le 15 juin 2022, consulté le 01 octobre 2023. URL : http://journals.openedition.org/traduire/3424 ; DOI : https://doi.org/10.4000/traduire.3424
 
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Un système violent et meurtrier qui allait bien au-delà d’une simple radicalisation des méthodes de dictatures au fil de l’histoire. Hannah Arendt, une philosophie politique allemande d’origine juive qui a immigré aux États-Unis en 1941, explique que ce système tend à la destruction complète de la société et de l’individu, en favorisant la transformation des classes sociales en masses de personnes sans lien social. C’est l’instauration de la «désolation organisée» et d’un principe «qui détruit toute communauté humaine», écrit-elle dans le chapitre Idéologie et terreur: une nouvelle forme de gouvernement.

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André Pratte, Au pays des merveilles

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 À défaut d'éloquence, nous glorifions la faconde, à défaut d'idées neuves, les lieux communs.

 Marcel Fournier, La culture savante comme style de vie

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Récupérer en manipulant ce qu’on a perdu en renonçant à l’approche autoritaire.

                                                                Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens

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A: Ton niveau de français est incroyable!

B: Merci! C'est juste mon métier. Je suis obligé.

A: Oui, je sais. Moi aussi, j'ai un BAC en études anglaises, et pourtant...

B: Il ne faut pas mesurer les autres à son aune. Il ne faut pas juger d'autrui par soi même.

Conversation captée involontairement dans le métro entre un allophone (B) et un francophone (A) à Montréal

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La traduction est un métier, tout comme la maîtrise d’une langue. Ce n’est pas une origine ethnique.

Moi

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Trop d’information tue l’information.

Trop de choix nuit au choix.

Auteur inconnu

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"...il découvre le monde aux jours de sa malédiction..."

"...félicités mesurables et chagrins guérissables..."

Amin Maalouf, Nos frères inattendus

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Alors j’ai vu : quand il ouvrit le sixième sceau, il y eut un grand tremblement de terre, le soleil devint noir comme une étoffe de crin, et la lune entière, comme du sang,

et les étoiles du ciel tombèrent sur la terre comme lorsqu’un figuier secoué par grand vent jette ses fruits.

Le ciel se retira comme un livre qu’on referme ; toutes les montagnes et les îles furent déplacées.

Les rois de la terre et les grands, les chefs d’armée, les riches et les puissants, tous les esclaves et les hommes libres allèrent se cacher dans les cavernes et les rochers des montagnes.

Et ils disaient aux montagnes et aux rochers : « Tombez sur nous, et cachez-nous du regard de celui qui siège sur le Trône et aussi de la colère de l’Agneau.

Car il est venu, le grand jour de leur colère, et qui pourrait tenir ? »

                                                                                                                       La Bible, Apocalypse

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Tu dis : « Je suis riche, je me suis enrichi, je ne manque de rien », et tu ne sais pas que tu es malheureux, pitoyable, pauvre, aveugle et nu !

Alors, je te le conseille : achète chez moi, pour t’enrichir, de l’or purifié au feu, des vêtements blancs pour te couvrir et ne pas laisser paraître la honte de ta nudité, un remède pour l’appliquer sur tes yeux afin que tu voies.

La Bible

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Connerie artificielle

« L'ordinateur est complètement con ». L'affirmation ne vient pas de n'importe qui : Gérard Berry enseigne l'informatique au collège de France. Ce spécialiste d'Intelligence artificielle n'hésite pas à prendre le contre-pied des spéculations (mal informées) sur les capacités des machines à surpasser l'intelligence humaine. Certes, l'intelligence artificielle a fait des progrès importants depuis 60 ans. Certes des machines savent reconnaître des images, traduire des textes, produire des diagnostics médicaux. En 2016, le logiciel Alphago de Deepmind a réussi à battre au jeu de go l'un des meilleurs joueurs mondiaux. Si la performance a impressionné, on oublie pourtant de dire qu'Alphago ne sait faire qu'une seule chose : jouer au jeu de go. Tout comme le programme de Deep blue qui avait battu Kasparov aux échecs en 1996, il y a plus de 20 ans déjà. Les machines dites intelligentes ne font que développer une compétence très spécialisée et enseignée par leur maître humain. Les spéculations sur l'autonomie des machines qui « apprennent toutes seules » sont des mythes : les machines ne savent pas transférer les compétences acquises d'un domaine à un autre, alors que le transfert analogique est un des mécanismes de base de l'intelligence humaine. La force des ordinateurs, c'est la puissance de la mémoire de travail et des capacités de calcul foudroyantes. Les « machines apprenantes » qui fonctionnent sur le principe du deep learning (la nouvelle génération de l'I.A.) ne sont pas intelligentes, puisqu'elles ne comprennent pas ce qu'elles font. Ainsi, le programme de traduction automatique de Google ne fait qu'apprendre à utiliser un mot dans un contexte donné (en puisant dans une grande masse d'exemples), mais il reste parfaitement « idiot » : en aucun cas, il ne comprend la signification des mots qu'il emploie. Voilà pourquoi Gérard Berry s'autorise à dire qu'au fond « l'ordinateur est complètement con ».

Jean-François Dortier, « La typologie des cons » in Jean-François Marmion (éd.), Psychologie de la connerie, Auxerre, Sciences Humaines Éditions, 2018. 

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Le con par excellence vous condamne sans appel, immédiatement, sans circonstances atténuantes, sur la seule foi des apparences que, de surcroît, il ne fait qu’entrevoir entre ses œillères.

Jean-François Marmion, Avertissement in Psychologie de la connerie

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L'expérience de Dieu m'était défendue et l'on voulait faire un prêtre de moi. Très tôt, je fus détourné de la saveur possible de Dieu.

Anne Hébert, Le torrent

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La brutalité est le recours de ceux qui n'ont plus de pouvoir intérieur.

Anne Hébert, Le torrent

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"... faire fi de la rectutude politique pour mieux la célébrer dans les faits"
Auteur inconnu

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Vous vous défiez de vous-même, docteur Nelson. Vous feignez de croire à la pitié. Vous vous raccrochez à la pitié comme à un signe de salut. Vous pouvez toujours essayer. Soigner, guérir, de jour comme de nuit. Jusqu’à l’épuisement de vos forces. Certaines si lourdes fatigues ressemblent à la paix à s’y méprendre. Dormir comme une brute sans avoir le temps d’enlever ses chaussures. Se remettre debout à coup de volonté. Arracher un enfant à la mort. Triompher de la mort, des larmes plein les yeux. Du pus et du sang sur les mains. Voyez les parents pleurent d’émotion et de reconnaissance. On vous aime infiniment. Vous faites vraiment le nécessaire pour qu’on vous aime, d’ailleurs. Toute la vallée du Richelieu visitée et sauvée par vous. Vous sanglotez de joie, docteur Nelson. La paix elle-même vient à votre rencontre. A pas de velours. Dans un souterrain profond. Un instant de plus et l’édit sera proclamé au grand jour. En français et en anglais : “ Oyez braves gens de Sorel (William-Henry pour les Anglais), le docteur George Nelson de ladite paroisse est définitivement accepté, approuvé, reconnu, intégré par ladite paroisse de Sorel, dans le comté de Richelieu. Non seulement un paroissien intégral, un citoyen à part entière, mais un membre d’honneur de ladite société… ” Tout le comté est rassemblé sur la place de l’église, en plein soleil. Un tel triomphe. Une telle revanche. Une reconnaissance si totale. Docteur Nelson voici que vous laissez éclater votre joie trop bruyamment. Si bruyamment que Mélanie Hus que vous avez soignée et veillée avec tant de dévouement, se réveille soudain de la mort où elle est ensevelie depuis hier. Pousse un cri d’horreur. Vous désigne d’un geste de tout son bras décharné, interminable et rigide. Découvert ! Élève Nelson, vous êtes découvert ! Inutile de jouer le médecin des pauvres, le consolateur des affligés. Vous êtes découvert. Imposteur. Vous n’êtes qu’un imposteur. La foule se retourne contre vous. Hurle, menaçante. Tous les protestants sont des damnés. Un témoin s’avance, un deuxième, un troisième, puis un quatrième… Ils déclarent tous, sous la foi du serment “ qu’il y a un commerce criminel entre le docteur Nelson et Mme Tassy ”.
Anne Hébert, Kamouraska
 
L’égalité moderne, développée de nos jours outre mesure, a nécessairement développé dans la vie privée sur une ligne parallèle à la vie politique, l’orgueil, l’amour-propre, la vanité, les trois grandes divisions du Moi social. Les sots veulent passer pour gens d’esprit, les gens d’esprit veulent être des gens de talent, les gens de talent veulent être traités de gens de génie ; quant aux gens de génie, ils sont plus raisonnables, ils consentent à n’être que des demi-dieux. Cette pente de l’esprit public actuel, qui rend à la Chambre le manufacturier jaloux de l’homme d’État et l’administrateur jaloux du poëte, pousse les sots à dénigrer les gens d’esprit, les gens d’esprit à dénigrer les gens de talent, les gens de talent à dénigrer ceux d’entre eux qui les dépassent de quelques pouces, et les demi-dieux à menacer les institutions, le trône, enfin tout ce qui ne les adore pas sans condition. Dès qu’une nation a très impolitiquement abattu les supériorités sociales reconnues, elle ouvre des écluses par où se précipite un torrent d’ambitions secondaires dont la moindre veut encore primer ; elle avait dans son aristocratie un mal, au dire des démocrates, mais un mal défini, circonscrit ; elle l’échange contre dix aristocraties contendantes et armées, la pire des situations. En proclamant l’égalité de tous, on a promulgué la déclaration des droits de l’Envie. Nous jouissons aujourd’hui des saturnales de la Révolution transportées dans le domaine, paisible en apparence, de l’esprit, de l’industrie et de la politique ; aussi, semble-t-il aujourd’hui que les réputations dues au travail, aux services rendus, au talent soient des priviléges accordés aux dépens de la masse. On étendra bientôt la loi agraire jusque dans le champ de la gloire. Donc, jamais dans aucun temps, on n’a demandé le triage de son nom sur le volet public à des motifs plus puérils. On se distingue à tout prix par le ridicule, par une affectation d’amour pour la cause polonaise, pour le système pénitentiaire, pour l’avenir des forçats libérés, pour les petits mauvais sujets au-dessus ou au-dessous de douze ans, pour toutes les misères sociales. Ces diverses manies créent des dignités postiches, des présidents, des vice-présidents et des secrétaires de sociétés dont le nombre dépasse à Paris celui des questions sociales qu’on cherche à résoudre. On a démoli la grande société pour en faire un millier de petites à l’image de la défunte. Ces organisations parasites ne révèlent-elles pas la décomposition ? n’est-ce pas le fourmillement des vers dans le cadavre ? Toutes ces sociétés sont filles de la même mère, la Vanité. Ce n’est pas ainsi que procèdent la Charité catholique ou la vraie Bienfaisance, elles étudient les maux sur les plaies en les guérissant, et ne pérorent pas en assemblée sur les principes morbifiques pour le plaisir de pérorer.

Balzac, Béatrix

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The purpose of art is to lay bare the questions that have been hidden by the answers.
James Baldwin

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Elna est quelqu'un de gentil et de conciliant. Se contenter de peu lui évite aussi de voir que le monde est étonamment injuste. (...) Mais son feu est caché, on ne le voit pas, il n'attire pas l'attention.

Henning Mankell. Daisy sisters. Traduit du suédois par : Agneta Ségol et Marianne Ségol-Samoy. Seuil, 2015. p. 37

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I've been planning this for years
I'll shoot you in the fucking face
If you think of coming around here
I'll shoot you for just for fun
I'm a statue lying on my side in the sun
With the memory of an elephant
Evaporating before your eyes
And becoming a great grey cloud of wrath
Roaring my salt upon the earth
I'll shoot you all for free if you so much as look at me.

Nick Cave, Elephant Gun

 

Si tous les consommateurs frustrés de ne pas être servis en français décidaient de boycotter les commerces fautifs, ces derniers leur donneraient vite satisfaction. On ne peut pas blâmer les anglophones de vouloir vivre en anglais et de défendre les droits qu’ils estiment être les leurs. Il appartient aux francophones de prendre les moyens de vivre en français, s’ils y tiennent vraiment.

Michel David, "Vivre en anglais", Le Devoir, 15 mai 2021


Je m’efforçais de me tenir à égale distance du régionalisme et de l’universalisme abstrait, deux pôles de désincarnation, deux malédictions qui ont pesé constamment sur notre littérature. Y ai-je réussi ? c’est une autre affaire, j’indique une démarche. J’essayais de rejoindre le concret, le quotidien, un langage repossédé et en même temps l’universel. Je reliais la notion d’universel à celle d’identité.

Gaston Miron, Un long chemin


Aujourd’hui, je sais que toute poésie ne peut être que nationale quand elle convient, bien entendu, à l’existence littéraire. Le plus grand poète politique de l’Espagne, c’est Lorca, parce qu’il exprime au plus haut degré le fait d’être espagnol et homme à la fois. La littérature ici, c’est ma conviction, existera collectivement et non plus à l’état individuel, le jour où elle prendra place parmi les littératures nationales, le jour où elle sera québécoise. Elle sera québécoise dans le monde et au monde.
Gaston Miron, Un long chemin


Je dis que la disparition d’un peuple est un crime contre l’humanité, car c’est priver celle-ci d’une manifestation différenciée d’elle-même. Je dis que personne n’a le droit d’entraver la libération d’un peuple qui a pris conscience de lui-même et de son historicité.
Gaston Miron, NOTES SUR LE NONPOÈME ET LE POÈME

   l’amnésie de naissance
Où en suis-je en CECI ? Qu’estce qui se passe en CECI ? Par exemple je suis au carrefour Sainte- Catherine et Papineau, le calendrier marque 1964, c’est un printemps, c’est mai. CECI, figé, avec un murmure de nostalgie, se passe tout aussi bien en 1930 qu’en 1956. Je suis jeune et je suis vieux tout à la fois. Où que je sois, où que je déambule, j’ai le vertige comme un fil à plomb. Je n’ai pas l’air étrange, je suis étranger. Depuis la palpitation la plus basse de ma vie, je sens monter en moi les marées végétales et solaires d’un printemps, celui-ci ou un autre, car tout se perd à perte de sens et de conscience. Tout est sans contours, je deviens myope de moi-même, je deviens ma vie intérieure exclusivement. J’ai la connaissance infime et séculaire de n’appartenir à rien. Je suis suspendu dans le coup de foudre permanent d’un arrêt de mon temps historique, c’est-à-dire d’un temps fait et vécu entre les hommes, qui m’échappe ; je ne ressens plus qu’un temps biologique, dans ma pensée et dans mes veines. Les autres, je les perçois comme un agrégat. Et c’est ainsi depuis des générations que je me désintègre en ombelles soufflées dans la vacuité de mon esprit, tandis qu’un soleil blanc de neige vient tournoyer dans mes yeux de blanche nuit. C’est précisément et singulièrement ici que naît le malaise, qu’affleure le sentiment d’avoir perdu la mémoire. Univers cotonneux. Les mots, méconnaissables, qui flottent à la dérive. Soudain je veux crier. Parfois je veux prendre à la gorge le premier venu pour lui faire avouer qui je suis. Délivrez-moi du crépuscule de ma tête. De la lumière noire, la lumière vacuum. Du monde lisse. Je suis malade d’un cauchemar héréditaire. Je ne me reconnais pas de passé récent. Mon nom est « Amnésique Miron ». 

Le monde est noir puis le monde
est blanc
le monde est blanc puis le
monde est noir
entre deux chaises deux portes
ou chien et loup
un mal de roc diffus rôdant dans
la carcasse
le monde est froid puis le monde
est chaud
le monde est chaud puis le
monde est froid
mémoire sans tain
des années tout seul dans sa tête
homme flou, coeur chavirant,
raison mouvante
comment faire qu’à côté de soi
un homme
porte en son regard le bonheur
physique de sa terre
et dans sa mémoire le
firmament de ses signes
beaucoup n’ont pas su, sont
morts de vacuité
mais ceux-là qui ont vu je vois
par leurs yeux

Gaston Miron, NOTES SUR LE NONPOÈME ET LE POÈME

la dénonciation
Je sais qu’en CECI ma poésie est occultée en moi et dans les miens Je souffre dans ma fonction, poésie Je souffre dans mon matériau, poésie CECI est un processus de décréation CECI est un processus de déréalisation Je dis que pour CECI il n’est pas possible que je sois tout un chacun coupable. Il y a des complicités inavouées. Il n’est pas possible que tout le monde ait raison en même temps. Il y a des coupables précis. Nous ne sommes pas tous coupables de tant de souffrance sourde et minérale dans tous les yeux affairés, la même, grégaire. Nous ne sommes pas tous coupables d’une surdité aussi générale derrière les tympans, la même, grégaire. D’une honte et d’un mépris aussi généralement intériorisés dans le conditionnement, les mêmes, grégaires. Il y a des coupables. Connus et inconnus. En dehors, en dedans. Longtemps je n’ai su mon nom, et qui j’étais, que de l’extérieur. Mon nom est « Pea Soup ». Mon nom est « Pepsi ». Mon nom est « Marmelade ». Mon nom est « Frog ». Mon nom est « dam Canuck ». Mon nom est « speak white ». Mon nom est « dish washer ». Mon nom est « floor sweeper ». Mon nom est « bastard ». Mon nom est « cheap ». Mon nom est « sheep ». Mon nom… Mon nom…

En CECI le poème n’est pas
normal
L’humiliation de ma poésie est
ici
une humiliation ethnique
Pour que tous me voient
dans ma transparence la plus
historique
j’assume, devers le mépris,
ce comment de mon poème
où il s’oppose à CECI, le nonpoème.

La mutilation présente de ma poésie, c’est ma réduction présente à l’explication. En CECI, je suis un poète empêché, ma poésie est latente, car vivant CECI j’échappe au processus historique de la poésie. Dites cela en prose, svp ! You bet !

mais cette brunante dans la pensée
même quand je pense c’est ainsi
par contiguïté, par conglomérat
par mottons de mots
en émergence du peuple
car je suis perdu en lui et avec lui
seul lui dans sa reprise
peut rendre ma parole
intelligible
et légitime

Gaston Miron, NOTES SUR LE NONPOÈME ET LE POÈME


Comment dire ce qui ne peut se confier ? Je n’ai que mon cri existentiel pour m’assumer solidaire de l’expérience d’une situation d’infériorisation collective. Comment dire l’aliénation, cette situation incommunicable ? Comment être moi-même si j’ai le sentiment d’être étranger dans mon objectivité, si celle-ci m’apparaît comme opaque et hostile, et si je n’existe qu’en ma subjectivité ? Il appartient au poème de prendre conscience de cette aliénation, de reconnaître l’homme carence de cette situation. Seul celui-là qui se perçoit comme tel, comme cet homme, peut dire la situation. L’oeuvre du poème, dans ce moment de récupération consciente, est de s’affirmer solidaire dans l’identité. L’affirmation de soi, dans la lutte du poème, est la réponse à la situation qui dissocie, qui sépare le dehors et le dedans. Le poème refait l’homme. 

Gaston Miron, NOTES SUR LE NONPOÈME ET LE POÈME


commence ainsi la colonisation d’un coin de pays, puis de tout un continent : par le trafic des esclaves, on détruit les forces vives de ses peuples, puis on les dépouille de leurs richesses en les abandonnant aux bons soins de missionnaires qui vont se charger de leur faire accepter que le royaume du dieu chrétien n’étant pas de ce monde, il vaut mieux, pour son salut éternel, s’appauvrir en laissant les autres s’enrichir ((((ainsi connaîtra-t-on les joies du paradis, tandis que l’envahisseur brûlera dans le feu de l’enfer !)))) 
Victor-Levy Beaulieu, Bibi


les souverains nègres aiment presque autant la musique, la danse et le chant que ce qu’on peut trouver dans la caverne d’ali baba – aussi, les meilleurs musiciens, les meilleurs danseurs et les meilleurs chanteurs blancs prennent-ils la relève des artistes nègres et se présentent-ils sur scène, chacun y faisant son grand numéro de séduction : se sacrer soimême empereur du pokunulélé et roi du drelchkaffk a, c’est bien ; mais se faire consacrer par les ambassadeurs des grandes puissances d’europe, c’est encore mieux et autrement plus efficace : après une telle reconnaissance, toute action que talou voudra bien entreprendre, même guerrière et sanguinaire, sera considérée comme légitime et encouragée
Victor-Levy Beaulieu, Bibi


Le Kebek est la seule province française d’un pays anglais qui s’appelle le Canada. On voudrait bien en sortir pour devenir indépendant, mais nous sommes un peuple pacifiste et velléitaire aussi. C’est l’indécision qui nous détermine et cette indécision-là nous rend invisible au reste du monde. J’ai passé ma vie à écrire là-dessus, mais l’écriture ne peut pas grand-chose par-devers les autres et à peine se montre-telle utile par-devers le moi haïssable.
Victor-Levy Beaulieu, Bibi

Calixthe Beyala: 
Raymond Roussel décrit fort bien ce qui s’est passé sur tout le continent noir quand les Blancs l’ont colonisé, que dit Calixthe Beyala. L’empereur autoproclamé Talou VII du Pokunulélé et le roi, tout aussi autoproclamé, du Drelchkaffka, avec sa dizaine de femmes et sa trentaine d’enfants, qui règne sanguinairement sur ses sujets, n’est rien d’autre qu’un despote qui se sert de ses esclaves pour enrichir les Occidentaux qui, en retour, font semblant de l’accepter comme un des leurs. Ça existait au milieu du siècle dernier et, s’il y a quelque chose à ajouter làdessus, c’est encore comme ça en ce siècle-ci. D’où pour nous de l’Afrique noire toute l’actualité de Raymond Roussel.
Victor-Levy Beaulieu, Bibi

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(1) Traducteur littéraire d'une certaine notoriété, mélomane et amateur de la boisson, il se définissait lui-même comme un "fainéant et ermite urbain". La même connaissance avait aussi raconté l'anecdote suivante. Lors d'une conférence à laquelle, à part notre ami commun, participaient écrivains, littéraires, éditeurs et autres grosses pointures du champ littéraire, chaque participant, en guise de préambule à sa communication, déclinaient avec un plaisir à peine voilé ses réalisations, ses diplômes, ses prix, etc. Quand ce fut le tour à notre ami de se présenter, il se serait simplement qualifié de "traducteur et bon gars".

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