Passages à retenir
Cette tactique a valu au gouverneur démocrate d’être surnommé par certains de ses partisans de dark woke, une manière pour eux de souligner son caractère malin.
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Caring for myself is not self-indulgence, it is self-preservation, and that is an act of political warfare.
Audre Lorde, écrivaine afroaméricaine
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Je les noierais sous les oui, je les saperais avec mes grimaces, je les entraînerais dans la mort et la destruction à force d'être de leur avis. Oui, et je les laisserais me bouffer jusqu'à ce qu'ils me vomissent ou qu'ils éclatent. Ils pouvaient bien plaisanter sur ce qu'ils refusaient de voir; ils pouvaient bien en blaguer.
Voilà un risque qu'ils n'avaient pas prévu. Voilà un risque dont ils n'avaient jamais eu idée dans leur philosophie. Ils ne savaient pas, non plus, qu'ils pouvaient se détruire à force de discipline; ils ignoraient que les « oui » étaient capables de les anéantir. Oh, oui, j'allais les abreuver de je les saperais avee les gado, de lo la mort et la destruction à force d'être de leur avis. Oui, et je les laisserais me bouffer jusqu'à ce qu'ils me vomissent ou qu'ils éclatent. Ils pouvaient bien plaisanter sur ce qu'ils refusaient de voir; ils pouvaient bien en blaguer.
Je leur en servirais jusqu'à ce qu'ils dégobillent et se vautrent dedans. Tout ce qu'ils attendaient de moi, c'était un rot d'acquiescement, et je le leur lâcherais comme un tonnerre. Oui, oui, oui! C'est tout ce qu'ils voulaient de nous, tous tant qu'ils sont; on devait nous entendre, sans nous voir, et encore notre voix devait se réduire à un grand chœur optimiste de oui m'sieur, oui m'sieur, oui m'sieur! Parfait, on allait les entendre mes oui, oui, mes ya, ya, mes si, si. Je me promènerais dans leurs boyaux avec des souliers à clous.
Ralph Ellison, Homme invisible : pour quo chantes-tu, trad. Magali et Roger Merle
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J. C. : Je ne blâme pas ceux qui, après 1945, ont dit que nous n’avions rien à voir avec les nazis. C’était peut être thérapeutiquement nécessaire après 1945, après l’horreur et la dévastation. De la même manière, je comprends le général de Gaulle qui dit que les Français ont tous été résistants. C’est faux, mais opportun pour reconstruire un pays. Par contre, je suis conscient que ce n’est pas de l’histoire, c’est de la mythologie politique. Quand je fais de l’histoire, je suis bien obligé de constater que le nazisme n’est pas un aérolithe qui a frappé la terre et qui s’est dissout. Ce n’est pas une génération spontanée qui s’est rabougrie. C’est un phénomène qui est issu d’une très longue temporalité culturelle, pas seulement allemande.
De nombreux travaux – dont les miens – montrent que les éléments constitutifs du nazisme n’ont rien d’originellement allemand : le racisme n’est pas inventé par les Allemands, pas plus que l’antisémitisme, le nationalisme, l’eugénisme ou le darwinisme social.
Tout ce qui structure l’univers mental nazi est généralement une denrée d’importation. Colonialisme, darwinisme social, racisme sont d’abord l’affaire des Britanniques et des Français qui créent les deux premiers empires coloniaux, puis des Américains qui ont un empire colonial à domicile avec l’importation massive d’esclaves pendant des siècles. Le nazisme est un phénomène qui est issu du cœur de l’Europe du XXe siècle.
Johann Chapoutot
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Let me be honest with you — a feat which, by the way, I find of the utmost difficulty. When one is invisible he finds such problems as good and evil, honesty and dishonesty, of such shifting shapes that he confuses one with the other, depending upon who happens to be looking through him at the time. Well, now I've been trying to look through myself, and there's a risk in it. I was never more hated than when I tried to be honest. Or when, even as just now I've tried to articulate exactly what I felt to be the truth. No one was satisfied — not even I. On the other hand. I've never been more loved and appreciated than when I tried to "justify" and affirm someone's mistaken beliefs; or when I've tried to give my friends the incorrect, absurd answers they wished to hear. In my presence they could talk and agree with themselves, the world was nailed down, and they loved it. They received a feeling of security. But here was the rub: Too often, in order to justify them, I had to take myself by the throat and choke myself until my eyes bulged and my tongue hung out and wagged like the door of an empty house in a high wind. Oh, yes, it made them happy and it made me sick. So I became ill of affirmation, of saying "yes" against the nay-saying of my stomach — not to mention my brain.
Ralph Ellison, Invisible Man
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C’est là que le bât blesse. Car pour accroître l’adhésion au système, il faut que les citoyens aient confiance en l’État et qu’ils comprennent où va leur argent, explique Jacques Forest, ce qui est très puissant dans les pays scandinaves, où il s’est rendu souvent. « Donc, n’importe quoi qui augmente la perception de confiance et d’équité va renforcer le fait que les impôts, c’est une mission sociale soutenue par l’individu au bénéfice du collectif. »
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Comprendre, ce n’est pas donner raison ni normaliser. C’est une preuve de curiosité et d’empathie intellectuelle. Et ça renforce la crédibilité de la critique qui s’ensuit.
Martin Desrosiers, auteur de l’essai L’art de ne pas toujours avoir raison
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Desrosiers distingue entre l’ignorance et la bêtise. La deuxième est plus grave. Il s’agit en fait d’une double ignorance — on ne sait pas qu’on ne sait pas. Pire, on en fait une certitude. C’est d’autant plus triste quand la personne avait les moyens intellectuels de voir clair. Mais la vanité aveugle. Voilà une forme d’« intelligence stupide », écrit Desrosiers en reprenant l’expression de Robert Musil.
Depuis le 7 octobre, au moins de 46 913 Palestinien·nes,
dont 14 492 enfants, ont été tué·es par l’armée israélienne à Gaza. Ce bilan
pourrait s’alourdir au cours des prochaines semaines, alors que les Nations
unies estiment que plus de 10 000 personnes sont toujours sous les décombres. Lundi,
un jour seulement après le début du cessez-le- feu, 137 dépouilles ont été
découvertes à Rafah. La réalité, c’est que c’est grâce au fait que le Canada, les
États-Unis, le Royaume-Uni et tous les alliés d’Israël l’ont soutenu, en
fournissant un soutien diplomatique, économique, militaire, idéologique, etc.
C’est aussi eux qu’on doit tenir responsables, les alliés d’Israël sont tout
autant responsables du génocide. Charles-Philippe David ajoute un autre exemple
: « Un juge d’une Cour fédérale a dû stopper le projet de suspendre les
subventions du gouvernement fédéral en disant que ce n’était pas légal, parce
que c’est au Congrès de décider ça et non pas au président. » Ces poursuites,
note-t-il, se multiplient dans plusieurs États. « Ça va sortir au compte-gouttes
et là, il y aura des juges qui vont dire non. Il suVt qu’il y ait une interdiction
dans une Cour fédérale d’un État pour que ça s’applique à l’ensemble des
États-Unis. C’est là- dessus qu’il faut compter à court terme. »
Léa Beaulieu-Kratchanov
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Il faut comprendre que l’extrême droite n’est pas un bloc monolithique; c’est un spectre. Parfois les membres les plus extrémistes (lire ici : néo-nazis) taisent leurs ambitions, édulcorent leur discours et se rallient à des voix plus « modérées » pour éviter de rebuter la population générale et se rapprocher du pouvoir. C’est vrai en Allemagne, c’est vrai en Suède, c’est vrai en France, au UK, aux États-Unis, au Canada, au Québec et j’en passe.
Danessa V.
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Ms. Pelly looks at all this and asks: At what cost? She’s been reporting on Spotify for years, mostly for an iconoclastic publication called the Baffler. She’s an indie-music fan and no friend of what one ex-Spotify engineer she interviewed calls “brain-turned-off listening.” (...) Her biggest objection, however, is to Spotify’s devaluation of music and, not coincidentally, musicians. She doesn’t care if Spotify makes a profit; she cares whether music as a recognizably human-generated art form survives the algorithmic imperative. (...) ...the more user data you have, the stronger product you can have,” Pelly explained on a recent Zoom call from her home in Brooklyn. The company is effectively selling your own music taste back to you, she said: “the data becomes its own commodity.”(...) It’s never purely criticism of the technology,” said pelly, who has also written about the music industry for The Baffler. “It’s criticism of the ways that power, economics, and politics inform that technology.” (...) For her book, Pelly interviewed Nick Seaver, an anthropologist at Tufts University who studies how people use technology to make sense of culture. In a separate interview, he noted that Spotify is just one of many types of streaming services and social media apps that are increasingly influencing users by mining their personal data (sometimes called “surveillance capitalism”). (...) “It’s a confusing kind of power,” he acknowledged. “It’s not like spotify is telling you what you must listen to. but it’s a subtle form of influence which can be pretty pernicious.” (...) whereas spotify’s founders once envisioned themselves as “the Google of music,” the company’s engineers are now devoted, according to Pelly, to grooming what they call the “leanback” listener — someone who uses the service primarily as background music. the company no longer thinks of other music streamers as competition. their only competitor, as ek has said, is silence. (...) At the conclusion of her book, Pelly offers some “ethical alternatives” to the “Mood Machine”: buying music directly from artists and independent labels, supporting local radio stations and legislation that protects working musicians.
Frank Rose, ‘Mood Machine’ Review: Against the Stream (The Wall Street Journal)
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Je trouve ça étonnant qu’on soit les seuls à s’astreindre à ce travail sur le programme. Des gens arrivent dans le débat et se disent avoir réfléchi à être candidat à la présidentielle… Et personne ne les interroge sur le fond de leur projet (…) Le débat politique est de plus en plus tourné autour de personnages providentiels. C’est un appauvrissement idéologique total. Y compris chez nos partenaires de gauche, je suis bien en peine de vous dire quel travail sur le fond est mené. (…) Il faut maintenir le cordon sanitaire vis-à-vis de l’extrême droite, ce n’est pas une force comme les autres. Ils ne doivent pas accéder à des postes à responsabilité à l’Assemblée, on s’oppose à leurs textes, on défend nos arguments, on ne cède pas d’un pouce sur leurs sujets, on saisit toutes les occasions pour rappeler les faits.
Clémence Guetté devant Lucas Sarafian, Faire mieux : et si c’était Clémence Guetté ? (Politis)
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Tous ceux qui sont en désaccord avec les leçons de ce chapitre ne sont pas en désaccord avec moi, mais avec l’arithmétique.
David Chilton, Le retour du barbier riche, trad. Annie Ouellet
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Jadis, la critique défendait des œuvres méconnues, ouvrait des perspectives nouvelles et engageait des discussions enrichissantes. Aujourd’hui, les playlists automatisées, les influenceurs et les stratégies marketing éclipsent cette fonction, laissant place à une standardisation du goût musical.
Nidam Abdi
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À Mar a Lago, depuis la victoire de Donald Trump, la fête n’en finit plus. Les puissants du monde entier, de l’argentin Javier Milei à Viktor Orban, comme les Américains (le futur ministre Elon Musk, Sylvester Stallone, Jeff Bezos, Mark Zuckerberg ou Ted Sarandos, le patron de Netflix), accourent pour présenter leurs hommages au president elect dans son immense palais de Palm Beach.
Joël Schnapp
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Dans quatre ans, vous n’aurez plus à voter à nouveau. Nous aurons tout arrangé.
D. Trump, discours aux chrétiens du groupe Turning Point Action, 26 juillet 2024, cité par Virginie Larousse
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Si Joe Biden lègue à son successeur une croissance robuste et un chômage très faible, son mandat reste synonyme pour les ménages américains de très forte hausse du coût de la vie.
Aurélia End
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Se voit alors redéployée la dynamique queer d’appropriation et de revendication du stigmate et de l’insulte (voir Mercier, 2021) dont le contenu infamant est retourné en bannière rassembleuse.
Corentin Lahouste
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Puis, arrive la pandémie, qui a causé de nombreux problèmes dans la chaîne d’approvisionnement. Les gens ne pouvant plus sortir, ils se sont mis à dépenser pour des biens. La production n’a pas pu suivre la demande, alors ça a causé de l’inflation, poursuit M. Lévesque. Pour lutter contre l’inflation, les banques ont augmenté les taux d’intérêt. Depuis 2023, l’économie ralentit et les taux ont recommencé à descendre. Comme c’est toujours le cas lors d’un ralentissement économique, ce sont les derniers arrivés sur le marché du travail qui sont les plus affectés.
Marie-Ève Martel
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Dans les rues de la capitale, le conservatisme américain déploie ses extravagances. Une armée bruyante incarnant une idéologie bâtie sur le culte du succès, le déni des inégalités, le recul des protections sociales et une compétition acharnée pour dominer son prochain. Le tout forme un tableau saisissant : celui d’une collectivité en déclin, marquée par la peur, désorientée par un néolibéralisme vorace et une boussole politique brisée.
Jean Bourbeau
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Elon Musk a toujours été très vocal vis-à-vis de ses performances dans le jeu vidéo. C'est une manière de renvoyer l'image d'un surhomme pour celui qui veut aller coloniser Mars, en faisant appel à tous les leviers virilistes autour du culte de la performance et de l'intelligence", décrypte Héloise Linossier, journaliste et membre fondatrice du média spécialisé Origami.
Grégoire Sauvage
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Le peuple américain devrait croire le président Trump et ces PDG sur parole : ces investissements arrivent dans notre grand pays et les emplois américains arrivent avec eux.
Karoline Leavitt, porte-parole de Donald Trump, devant la chaîne Fox News, citée par l'Agence France Press
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L’écart croissant entre la productivité (donc, rendement ou profit) et le salaire moyen des travailleurs est dû au fait que les revenus de ce rendement vont partout, sauf dans les chèques de paie de 80% des travailleurs les plus pauvres. (...) Si ces revenus ne finissent pas dans les chèques de paie des travailleurs ordinaires, où est passée toute la croissance des revenus associée à ligne de productivité croissante? (...) Essentiellement, ils sont allés à deux endroits: dans les salaires des employés des entreprises et des professionnels hautement rémunérés ainsi que dans des profits plus élevés, c’est-à-dire vers des rendements pour les actionnaires et autres détenteurs de richesses.
Tom Creary
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La « pollution » des traductions nouvelles par la piètre qualité de contenus se trouvant dans certaines mémoires a été dénoncée par de nombreuses personnes menant une réflexion solide sur le problème de l’idiomaticité et de la qualité. On peut citer Lionel Meney, qui signale que « les sites gouvernementaux canadiens de traduction et de terminologie emmagasinent les mauvaises traductions antérieures, qui servent de modèles aux nouvelles traductions » et que « les sites de traduction privés internationaux, comme Linguee ou Reverso, reprennent trop souvent ces textes sans le discernement nécessaire[1] ». Cette idée est récurrente depuis trente ans.
François Lavallée
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À mesure que l’éclat des soirées enivrées s’éteint, une nouvelle génération se tourne vers des modes de vie axés sur le bien-être, l’équilibre et la conscience de soi. Les beuveries et leurs inévitables lendemains difficiles cèdent la place à des pratiques plus saines : sport, randonnées, alimentation réfléchie et matinées productives. Ce n’est pas une simple mode, mais un mouvement profond témoignant d’une quête pour une meilleure santé physique et mentale.
Jean Bourbeau
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La chose est si frappante qu’on serait tenté d’en tirer une loi générale : chaque fois ou presque qu’un film se présente comme le prône d’une expérience pure, délestée de toute médiation, il y a de grandes chances qu’il éprouve le besoin de se désigner des ennemis. De grandes chances qu’il ait autant – sinon plus – affaire avec cette impureté dont il ne veut pas qu’avec la pureté qu’il désire. On le croyait parti pour jeter la rhétorique par-dessus bord. Et voici qu’il finit par l’appeler à la rescousse. Plus un film se veut fermé, et plus il a besoin d’écarts et de repoussoirs. C’est exactement ce qui arrive dans ce film démonstratif et lourd, discoureur sous couvert de laconisme, moins souverain qu’emprunté, en dernière instance, qu’est Le Dernier Tango à Paris.
Emmanuel Burdeau, https://www.lemediatv.fr/articles/2025/le-cinema-du-media-11-lagent-du-beurre-bZ_Pz1SSSBepIjTGKzmY9w
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Ce faisant, Lacan a introduit une distinction entre le « je » et le « moi », c’est-àdire entre le sujet et l’ego. Le « moi » relève du narcissisme, de la représentation de soimême dans le regard de l’autre, alors que le « je » donne accès à l’inconscient. La parole pleine ne vient pas du « moi », mais d’un lieu où le sujet ne sait plus ce qu’il dit.
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C’est comme les chansons, j’ai pas envie de réécrire mes chansons, c’est du premier jet, je les garde comme ça, et le livre c’est pareil, les concerts c’est pareil. Même le studio, c’est pareil, j’essaie que ça soit le plus possible comme ça. Tout est du premier jet. J’ai l’impression de mentir aux gens si je réécris mes chansons ou mes textes.
Dider Wampas
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Surtout, la psychanalyste continue d’exercer son influence dans d’autres domaines. Notamment la culture populaire (voir page 37), mais aussi, et particulièrement, les médias et même les tribunaux, où des experts psychanalystes livrent leurs analyses des accusés et témoins sans aucune légitimité scientifique (voir page 35). Une situation à mettre sur le compte d’une longue tradition française et sur le charisme de ses porte-parole, de Jacques Lacan à Françoise Dolto, qui ont réussi à ériger la psychanalyse comme philosophie de haute volée dans les salons parisiens, mais aussi une technique de soin quasi mystique séduisant les élites et tous ceux qui aiment parler d’eux dans un beau décorum, avec tapis persans au sol et masques africains au mur. « Elle peut en tout cas être vue comme un outil de développement personnel intéressant, tempère le Dr Guillaume. Mais aujourd’hui, lorsqu’il s’agit de soigner des troubles psychiques précis, il convient davantage de recommander des thérapies qui ont démontré leur efficacité. » (L’Express)
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Une différence radicale entre Freud et Lacan est la façon de s’exprimer. Le premier voulait se faire comprendre. Lacan utilisait une phraséologie quasi incompréhensible. Ses dévots imaginent que ses paroles sont des révélations, réservées à une élite, de l’arrière-monde psy. Ils croient comprendre ses textes car ils se meuvent à travers eux en passant de mots qu’ils comprennent à d’autres mots qu’ils comprennent, comme une grenouille qui traverse un marais en sautant de nénuphars en nénuphars. (L’Express)
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C'est une
histoire connue, et pourtant, autour de moi, beaucoup ne la connaissaient pas.
Enzo Traverso écrit que l'expérience nazie connait une suite après 1945, que le
colonialisme qui s'est déchainé en Algérie n'est pas étranger å cet échec du
nazisme, lequel s'est recomposé ailleurs avec d'autres ennemis, passant de la
figure du juif à celle de l'indigène. Après 1945 surgit de cette histoire la construction
européenne, et cela continue : la séparation ne se fait plus entre les peuples
d'Europe, mais entre l’Europe et le reste du monde, entre les mondes colonisés
et ceux qui colonisent. J'ai insisté sur l'histoire du Front national car il
est à la jonction de cette double histoire. Ceux qui l'ont formé venaient de
partis nazis et se sont alliés å des gens qui n’étaient pas versés dans le
nazisme, mais dans la guerre en Indochine
Kaoutar Harchi
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Les métiers du secteur de l’électricité, du transport, de la construction, de l’agriculture ne sont « pas prenables en ce moment », dit M. Parent-Rocheleau, membre de l’Observatoire sur les impacts sociétaux de l’IA et du numérique.
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Ce qui est pernicieux, c’est le désir de reproduire ce qu’on a lu. Plus on lit de littérature blanche, peuplée de gens ambitieux qui se promènent, disons-le ainsi pour caricaturer, au jardin du Luxembourg, plus on a tendance à la reproduire car on pense que c’est ça, la littérature. Cela se craquèle de plus en plus.
Alice Zeniter
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... music is getting worse
Rick Beato
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Parce que peu importe à quel point Hollywood se targue d’être progressiste, le stéréotype perdure et contribue à la prévalence d’une idéologie patriarcale qui dénigre les femmes qui font des choix de vie atypiques. Plutôt que de célébrer l’indépendance, on moque la marginalité afin de renforcer le statu quo.
Audrey Boutin
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[...] je crains que le temps ne vienne où, au lieu de notre renommée actuelle de guerriers, nous ne serons plus connus que comme des tyrans avides.
There’s already a pretty big market for “good enough” translations: translations that are neither great nor terrible. And if a client’s main concerns are price and speed, with quality in third (or distant third) place, AI-assisted translation plays right into that market. For an end client that really doesn’t care about translation, and is only doing it because they have to, it’s appealing to get the translation done faster and cheaper (more on this below).
That being said, I would encourage anyone reading this to think about whether or not you’re interested in working on AI-assisted translations. I honestly think that there’s enough high-end translation work, for clients who really care, to keep a lot of people busy for a long time. I actually think that the high end of the translation market is kind of underexploited by freelancers (a topic for another post!).
aiming for the high end of the market, where clients care much more about quality than price, is the way to go in any freelance knowledge profession, because there is no way that AI can compete with human creativity and linguistic resourcefulness.
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The Japanese believe that everyone has their own Ikigai and finding it is an essential journey to bring satisfaction and meaning to life.
Gribouillez dans votre cahier les yeux fermés (ou ouverts si c’est plus confortable) et cherchez dans votre gribouillis un personnage, un animal ou un objet qui vous apparaît spontanément : tracez-en les contours et coloriez-le. (3 minutes)
Écriture spontanée (5 minutes) : « Mon personnage / animal / objet m’invite à faire une pause pour… ». Complétez la phrase en vous laissant guider par votre stylo. Vous pouvez écrire autour de votre gribouillis si vous le souhaitez.
Cherchez 2-3 images dans un magazine qui évoquent pour vous le fait de « faire une pause » et collez-les sur la page (ou sur une autre page si la place vous manque). Donnez-leur un titre. (10 minutes)
Relisez le texte et les titres des photos, encerclez les mots qui vous semblent importants. Posez-vous les questions suivantes et écrivez vos réflexions dans votre cahier : « qu’est-ce que j’en retire ? », « comment puis-je faire une vraie pause ? ». (5 minutes)
Enfin, remerciez-vous d’avoir pris ce temps pour vous.
Idem
«L’espace public est un lieu de cohabitation et la cohabitation crée forcément des tensions, explique Carolyne Grimard. La gentrification a pour effet de déplacer les services communautaires qui composent le tissu social des personnes itinérantes. Quand l’architecture est utilisée pour créer un idéal harmonieux, ça profite plus à un groupe qu’à l’autre, ça invisibilise et exclut certaines personnes.»
Comment entretenir des relations sociales durables ?
Comment un être humain peut-il se forger un itinéraire dans une société faite d’épisodes et de fragments ?
À défaut d'éloquence, nous glorifions la faconde, à défaut d'idées neuves, les lieux communs.
Marcel Fournier, La culture savante comme style de vie
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Récupérer en manipulant ce qu’on a perdu en renonçant à l’approche autoritaire.
Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens
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A: Ton niveau de français est incroyable!
B: Merci! C'est juste mon métier. Je suis obligé.
A: Oui, je sais. Moi aussi, j'ai un BAC en études anglaises, et pourtant...
B: Il ne faut pas mesurer les autres à son aune. Il ne faut pas juger d'autrui par soi même.
Conversation captée involontairement dans le métro entre un allophone (B) et un francophone (A) à Montréal
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La traduction est un
métier, tout comme la maîtrise d’une langue. Ce n’est pas une origine ethnique.
Moi
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Trop d’information tue l’information.
Trop de choix nuit au choix.
Auteur inconnu
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"...il découvre le monde aux jours de sa malédiction..."
"...félicités mesurables et chagrins guérissables..."
Amin Maalouf, Nos frères inattendus
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Alors j’ai vu : quand il ouvrit le sixième sceau, il y eut un grand tremblement de terre, le soleil devint noir comme une étoffe de crin, et la lune entière, comme du sang,
et les étoiles du ciel tombèrent sur la terre comme lorsqu’un figuier secoué par grand vent jette ses fruits.
Le ciel se retira comme un livre qu’on referme ; toutes les montagnes et les îles furent déplacées.
Les rois de la terre et les grands, les chefs d’armée, les riches et les puissants, tous les esclaves et les hommes libres allèrent se cacher dans les cavernes et les rochers des montagnes.
Et ils disaient aux montagnes et aux rochers : « Tombez sur nous, et cachez-nous du regard de celui qui siège sur le Trône et aussi de la colère de l’Agneau.
Car il est venu, le grand jour de leur colère, et qui pourrait tenir ? »
La Bible, Apocalypse
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Tu dis : « Je suis riche, je me suis enrichi, je ne manque de rien », et tu ne sais pas que tu es malheureux, pitoyable, pauvre, aveugle et nu !
Alors, je te le conseille : achète chez moi, pour t’enrichir, de l’or purifié au feu, des vêtements blancs pour te couvrir et ne pas laisser paraître la honte de ta nudité, un remède pour l’appliquer sur tes yeux afin que tu voies.
La Bible
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Connerie
artificielle
« L'ordinateur est complètement con ». L'affirmation
ne vient pas de n'importe qui : Gérard Berry enseigne l'informatique au collège
de France. Ce spécialiste d'Intelligence artificielle n'hésite pas à prendre le
contre-pied des spéculations (mal informées) sur les capacités des machines à
surpasser l'intelligence humaine. Certes, l'intelligence artificielle a fait
des progrès importants depuis 60 ans. Certes des machines savent reconnaître
des images, traduire des textes, produire des diagnostics médicaux. En 2016, le
logiciel Alphago de Deepmind a réussi à battre au jeu de go l'un des meilleurs
joueurs mondiaux. Si la performance a impressionné, on oublie pourtant de dire
qu'Alphago ne sait faire qu'une seule chose : jouer au jeu de go. Tout comme le
programme de Deep blue qui avait battu Kasparov aux échecs en 1996, il y a plus
de 20 ans déjà. Les machines dites intelligentes ne font que développer une
compétence très spécialisée et enseignée par leur maître humain. Les spéculations
sur l'autonomie des machines qui « apprennent toutes seules » sont des mythes :
les machines ne savent pas transférer les compétences acquises d'un domaine à
un autre, alors que le transfert analogique est un des mécanismes de base de
l'intelligence humaine. La force des ordinateurs, c'est la puissance de la
mémoire de travail et des capacités de calcul foudroyantes. Les « machines
apprenantes » qui fonctionnent sur le principe du deep learning (la
nouvelle génération de l'I.A.) ne sont pas intelligentes, puisqu'elles ne
comprennent pas ce qu'elles font. Ainsi, le programme de traduction automatique
de Google ne fait qu'apprendre à utiliser un mot dans un contexte donné (en
puisant dans une grande masse d'exemples), mais il reste parfaitement « idiot »
: en aucun cas, il ne comprend la signification des mots qu'il emploie. Voilà
pourquoi Gérard Berry s'autorise à dire qu'au fond « l'ordinateur est
complètement con ».
Jean-François Dortier, « La typologie des
cons » in Jean-François Marmion (éd.), Psychologie de la connerie, Auxerre,
Sciences Humaines Éditions, 2018.
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Le con par excellence vous condamne sans appel, immédiatement, sans circonstances atténuantes, sur la seule foi des apparences que, de surcroît, il ne fait qu’entrevoir entre ses œillères.
Jean-François Marmion, Avertissement in Psychologie de la connerie
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L'expérience de Dieu m'était défendue et l'on voulait faire un prêtre de moi. Très tôt, je fus détourné de la saveur possible de Dieu.
Anne Hébert, Le torrent
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La brutalité est le recours de ceux qui n'ont plus de pouvoir intérieur.
Anne Hébert, Le torrent
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Vous vous défiez de vous-même, docteur Nelson. Vous feignez de croire à la pitié. Vous vous raccrochez à la pitié comme à un signe de salut. Vous pouvez toujours essayer. Soigner, guérir, de jour comme de nuit. Jusqu’à l’épuisement de vos forces. Certaines si lourdes fatigues ressemblent à la paix à s’y méprendre. Dormir comme une brute sans avoir le temps d’enlever ses chaussures. Se remettre debout à coup de volonté. Arracher un enfant à la mort. Triompher de la mort, des larmes plein les yeux. Du pus et du sang sur les mains. Voyez les parents pleurent d’émotion et de reconnaissance. On vous aime infiniment. Vous faites vraiment le nécessaire pour qu’on vous aime, d’ailleurs. Toute la vallée du Richelieu visitée et sauvée par vous. Vous sanglotez de joie, docteur Nelson. La paix elle-même vient à votre rencontre. A pas de velours. Dans un souterrain profond. Un instant de plus et l’édit sera proclamé au grand jour. En français et en anglais : “ Oyez braves gens de Sorel (William-Henry pour les Anglais), le docteur George Nelson de ladite paroisse est définitivement accepté, approuvé, reconnu, intégré par ladite paroisse de Sorel, dans le comté de Richelieu. Non seulement un paroissien intégral, un citoyen à part entière, mais un membre d’honneur de ladite société… ” Tout le comté est rassemblé sur la place de l’église, en plein soleil. Un tel triomphe. Une telle revanche. Une reconnaissance si totale. Docteur Nelson voici que vous laissez éclater votre joie trop bruyamment. Si bruyamment que Mélanie Hus que vous avez soignée et veillée avec tant de dévouement, se réveille soudain de la mort où elle est ensevelie depuis hier. Pousse un cri d’horreur. Vous désigne d’un geste de tout son bras décharné, interminable et rigide. Découvert ! Élève Nelson, vous êtes découvert ! Inutile de jouer le médecin des pauvres, le consolateur des affligés. Vous êtes découvert. Imposteur. Vous n’êtes qu’un imposteur. La foule se retourne contre vous. Hurle, menaçante. Tous les protestants sont des damnés. Un témoin s’avance, un deuxième, un troisième, puis un quatrième… Ils déclarent tous, sous la foi du serment “ qu’il y a un commerce criminel entre le docteur Nelson et Mme Tassy ”.
Je m’efforçais de me tenir à égale distance du régionalisme et de l’universalisme abstrait, deux pôles de désincarnation, deux malédictions qui ont pesé constamment sur notre littérature. Y ai-je réussi ? c’est une autre affaire, j’indique une démarche. J’essayais de rejoindre le concret, le quotidien, un langage repossédé et en même temps l’universel. Je reliais la notion d’universel à celle d’identité.
Aujourd’hui, je sais que toute poésie ne peut être que nationale quand elle convient, bien entendu, à l’existence littéraire. Le plus grand poète politique de l’Espagne, c’est Lorca, parce qu’il exprime au plus haut degré le fait d’être espagnol et homme à la fois. La littérature ici, c’est ma conviction, existera collectivement et non plus à l’état individuel, le jour où elle prendra place parmi les littératures nationales, le jour où elle sera québécoise. Elle sera québécoise dans le monde et au monde.
Je dis que la disparition d’un peuple est un crime contre l’humanité, car c’est priver celle-ci d’une manifestation différenciée d’elle-même. Je dis que personne n’a le droit d’entraver la libération d’un peuple qui a pris conscience de lui-même et de son historicité.
Comment dire ce qui ne peut se confier ? Je n’ai que mon cri existentiel pour m’assumer solidaire de l’expérience d’une situation d’infériorisation collective. Comment dire l’aliénation, cette situation incommunicable ? Comment être moi-même si j’ai le sentiment d’être étranger dans mon objectivité, si celle-ci m’apparaît comme opaque et hostile, et si je n’existe qu’en ma subjectivité ? Il appartient au poème de prendre conscience de cette aliénation, de reconnaître l’homme carence de cette situation. Seul celui-là qui se perçoit comme tel, comme cet homme, peut dire la situation. L’oeuvre du poème, dans ce moment de récupération consciente, est de s’affirmer solidaire dans l’identité. L’affirmation de soi, dans la lutte du poème, est la réponse à la situation qui dissocie, qui sépare le dehors et le dedans. Le poème refait l’homme.
commence ainsi la colonisation d’un coin de pays, puis de tout un continent : par le trafic des esclaves, on détruit les forces vives de ses peuples, puis on les dépouille de leurs richesses en les abandonnant aux bons soins de missionnaires qui vont se charger de leur faire accepter que le royaume du dieu chrétien n’étant pas de ce monde, il vaut mieux, pour son salut éternel, s’appauvrir en laissant les autres s’enrichir ((((ainsi connaîtra-t-on les joies du paradis, tandis que l’envahisseur brûlera dans le feu de l’enfer !))))
les souverains nègres aiment presque autant la musique, la danse et le chant que ce qu’on peut trouver dans la caverne d’ali baba – aussi, les meilleurs musiciens, les meilleurs danseurs et les meilleurs chanteurs blancs prennent-ils la relève des artistes nègres et se présentent-ils sur scène, chacun y faisant son grand numéro de séduction : se sacrer soimême empereur du pokunulélé et roi du drelchkaffk a, c’est bien ; mais se faire consacrer par les ambassadeurs des grandes puissances d’europe, c’est encore mieux et autrement plus efficace : après une telle reconnaissance, toute action que talou voudra bien entreprendre, même guerrière et sanguinaire, sera considérée comme légitime et encouragée
Le Kebek est la seule province française d’un pays anglais qui s’appelle le Canada. On voudrait bien en sortir pour devenir indépendant, mais nous sommes un peuple pacifiste et velléitaire aussi. C’est l’indécision qui nous détermine et cette indécision-là nous rend invisible au reste du monde. J’ai passé ma vie à écrire là-dessus, mais l’écriture ne peut pas grand-chose par-devers les autres et à peine se montre-telle utile par-devers le moi haïssable.
Calixthe Beyala:
Raymond Roussel décrit fort bien ce qui s’est passé sur tout le continent noir quand les Blancs l’ont colonisé, que dit Calixthe Beyala. L’empereur autoproclamé Talou VII du Pokunulélé et le roi, tout aussi autoproclamé, du Drelchkaffka, avec sa dizaine de femmes et sa trentaine d’enfants, qui règne sanguinairement sur ses sujets, n’est rien d’autre qu’un despote qui se sert de ses esclaves pour enrichir les Occidentaux qui, en retour, font semblant de l’accepter comme un des leurs. Ça existait au milieu du siècle dernier et, s’il y a quelque chose à ajouter làdessus, c’est encore comme ça en ce siècle-ci. D’où pour nous de l’Afrique noire toute l’actualité de Raymond Roussel.
(1) Traducteur littéraire d'une certaine notoriété, mélomane et amateur de la boisson, il se définissait lui-même comme un "fainéant et ermite urbain". La même connaissance avait aussi raconté l'anecdote suivante. Lors d'une conférence à laquelle, à part notre ami commun, participaient écrivains, littéraires, éditeurs et autres grosses pointures du champ littéraire, chaque participant, en guise de préambule à sa communication, déclinaient avec un plaisir à peine voilé ses réalisations, ses diplômes, ses prix, etc. Quand ce fut le tour à notre ami de se présenter, il se serait simplement qualifié de "traducteur et bon gars".


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