Claude Bedard, Mémoires de traduction : quel destin pour Charlie
Claude Bedard, Mémoires de traduction : quel destin pour Charlie
J'ai lu une excellente analyse, comme on en voit rarement, des enjeux liés à la traduction assistée par ordinateur. Claude Bédard est un théoricien remarquable, dont j'avais déjà consulté le manuel de traduction technique. Ce qui est un peu attristant est que cette finesse théorique, cette perspicacité au service de l'humanité (et non du capital) est devenue quasiment un objet d'art de nos jours, une charmante antiquité dégageant une sensation de naïveté bienveillante. La traduction fonctionnelle (non littéraire) est depuis longtemps une industrie, avec tous les fléaux que toute industrie à grande échelle amène : médiocrisation, aliénation des travailleurs, dépersonnalisation du travail, conditions de travail qui ne cessent de se dégrader, etc. Continuer d'appréhender la traduciton comme un art se présente, malheureusement et certainement à tort, aux yeux de nos contemporains comme une posture aristocratique, une posture de lettré aisé et oisif, quoique l'analyse attentive et impartiale soit tout à fait susceptible d'en révéler les bienfaits économiques réels pour l'humanité. Mais l'économie est régie par les lois de la psychologie de la consommation et de la manipulatiion, non par celles de la raison, maints théoriciens l'ont déjà démontré, me semble-t-il. Pour le dire encore plus crûment, et au risque de me discréditer un peu, elle est soumise aux lois de la connerie, et d'une connerie militante et belliqueuse. En tous cas, je recommande vivement l'article aux ceusses que les problèmes de l'art de réécrire des messages dans une autre langue ne laisse pas indifférents.
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