From the myth of meritocracy to the rise of bullshit jobs – it’s time we admit work doesn’t make us happy

La pandémie est, entre mille choses, une occasion propice pour remodeler notre attitude vis-à-vis du travail. Ce qui m’a impressionné dans cet article de Tanmoy Goswami est son attaque désinhibée au slogan du « bonheur sur le lieu de travail ». Un slogan que je m’efforçais pendant de longues années arides d’incarner et de faire fructifier dans ma vie. En vain – rien n’y faisait. Le bonheur au travail est un rare concours des circonstances, un coup de pot, et d’autant plus un moment passager. Il ne peut être transformé en mode de vie, au dam des appétits économiques qui aimeraient nous convertir en machines à sous simplistes et dociles. L’idée du bonheur au bureau m’a toujours sonné faux. Elle est non seulement fausse, mais aussi exigeante, batailleuse. J’ai été victime de harceleurs agissant sous ses auspices. « Tu ne souris pas assez. »; « Tu ne te fais pas assez d’amis »; « Tu n’as pas l’air heureux », etc. Toute cette fausse sollicitude ne fut que le prétexte pour s’autoriser des ingérences dans mon espace personnel, des tentatives de m’en sortir et de m’embrigader dans le troupeau béat et écervelé. Le fameux Bonheur sert d’idée passe-partout qui légitime le harcèlement et cautionne la dictature des gestionnaires. Honnêtement, peu d’idées ont créé autant de malheur que celle du bonheur. Le bonheur, paraît-il, est simplement une autre de ces idées fuyantes qui viennent masquer des réalités crapuleuses, peu avouables, brillamment tirées au clair par Goswami. Même si je ne me sens pas particulièrement optimiste en ces temps-ci, je me réjouis de la foi en l’avenir dont l’auteur nous fait part. Pourvu qu'il nous les inocule!

Aux idées développées par l’auteur, j’ajouterais quelques-unes de mes propres observations. La hantise de la productivité n’empêche point les gestionnaires de maintenir une culture de la médiocrité, où ceux qui travaillent vraiment, ceux qui se montrent vraiment productifs et excellent dans leur matière sont ridiculisés, humiliés, découragés. On peut y déceler une certaine contradiction. N’était-on pas à la poursuite de la productivité à tout prix? Pourquoi tenterait-on alors de juguler le potentiel de ses employés, de leur couper l’herbe sous les pieds? Tout ceci est nettement contre-productif! Eh bien, le calcul est peut-être plus fin qu’il n’y paraît! Étant donné que la médiocrité représente au moins 80 % de la population, il s’agit d’une ressource extrêmement importante à ne pas négliger. Mieux vaut sacrifier les 20 % qu’exclure les 80 %! Ainsi, en vertu d’une simple prépondérance mathématique, la productivité érige la non-productivité en valeur suprême!

From the myth of meritocracy to the rise of bullshit jobs – it’s time we admit work doesn’t make us happy

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