Le lobbying des Bolsonaro à Washington inquiète (Le Monde)
Dans cet article court, mais très instructif, Anne-Dominique Correa retrace l’historique des interactions de la famille de Jair Bolsonaro, l’ancien président d’extrême-droite du Brésil, avec l’administration de Donald Trump. Édouardo, un des trois fils de Jair Bolsonaro, avait entrepris de tisser des liens avec le fascisme américain dès 2018, avant l’accession de son père à la présidence du Brésil en 2019. Il a été condamné à 4 ans de prison pour sa participation à un dispositif d’ingérence étrangère, à savoir la tentative des États-Unis de faire plier le système judiciaire brésilien au moyen de mesures tarifaires contre le pays pour ainsi d’entraver les sanctions judiciaires contre son père liées à sa tentative du coup d’État de 2023. Les États-Unis lui ont accordé la résidence permanente au moment opportun, avant qu’il puisse purger sa peine. Il réside au Texas depuis 2025 et jouit d’une liberté spectaculaire, malgré le fait qu’il est un fugitif de la justice de son pays. Lesdites mesures américaines, auquel Edouardo a contribué, consistent dans l’imposition d’une surtaxe au Brésil, dans la révocation de visas de plusieurs juges du Tribunal suprême fédéral du Brésil ainsi que dans l’application de la loi Magnitski contre un juge du même tribunal. Ces offensives n’ont pas porté fruit dans la mesure où l’opinion publique au Brésil est restée favorable au président actuel Lula, qui a même su gagner les faveurs de Donald Trump lors de leurs rencontres ultérieures. Mais à l’approche des élections législatives au Brésil, qui auront lieu demain (le 4 octobre), l’administration de Trump, en la personne de Marco Rubio, secrétaire d’État des États-Unis, a annoncé de nouvelles mesures choc contre le Brésil, avec pour but manifeste de favoriser l’extrême-droite du pays et de faciliter son accession au pouvoir. Selon des experts consultés par Le Monde, l’enjeu de cette ligne de conduite interventionniste est la domination de l’Amérique latine par les États-Unis de Donald Trump, laquelle passe par son alliance avec les force d’extrême-droite des pays du continent austral. Des craintes d’une intervention militaire semblable à celle déclenchée contre le Venezuela de Nicolas Maduro se sont même fait entendre. Un tel scénario reste peu probable, mais une campagne de désinformation sur les réseaux sociaux, visant à semer le doute sur la validité des résultats du scrutin et sur le système électoral dans son ensemble, l’est nettement davantage. Comme pour confirmer cette appréhension, Le 1er octobre 2026, le pouvoir judiciaire brésilien a ouvert une enquête sur un présumé financement de Washington d’organisations d’extrême-droite brésiliennes. En outre, les experts jugent probable que le président argentin Javier Milei, allié notoire de Washington, tentera, lui aussi, de s’immiscer dans le vote pour la succession de Lula.
Le lobbying des Bolsonaro à Washington inquiète, Le Monde
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