Nos jours heureux : Architecture et bien-être à l’ère du capitalisme émotionnel

Nous avons visité aujourd'hui le Centre canadien d'architecture. L'exposition que nous avons pu voir s'intitulait Nos jours heureux : Architecture et bien-être à l’ère du capitalisme émotionnel. Voici un extrait du texte de présentation que l'on trouve sur le site du centre d'exposition.

Comment mesurons-nous notre qualité de vie? En quoi consistent les données sur le bonheur? Au cours des dix dernières années, les listes d’indicateurs, d’indices et de classements commandées et produites par des organismes publics et privés, ont transformé notre façon de percevoir et de concevoir les espaces que nous habitons . L’élaboration de ces listes est indissociable, d’une part, de la formation par Nicolas Sarkozy, en 2008, d’un comité chargé de repenser le PIB pour en faire une mesure du progrès social et, d’autre part, du lancement par David Cameron en 2010, d’une initiative visant à colliger des statistiques nationales sur le bien-être. Ces deux projets peuvent être considérés comme des signes avant-coureurs d’une nouvelle préoccupation pour le bonheur.
J'ai trouvé l'exposition extrêmement intéressante et je la recommande vivement.







L'exposition soulève et suscite une foule de questions et de retombées dont je ne citerai qu'une seule. Non seulement le bonheur est-il devenu une industrie, une science, mais il est aussi une idéologie, ce qui fait que le système à la fois dicte et exploite sont objet, le bonheur. Autrement dit, on vous dit ce que le bonheur signifie, on vous incite à le pourchasser et on étudie vos réactions, votre comportement afin de mieux vous cibler ou, qui sait, d'inventer des Frankensteins qui prendront charge de votre vie mentale et émotionnelle. Car un système qui est à la fois la cause et la solution de ses problèmes donne des frissons dans le dos - c'est le triomphe du pouvoir totalitaire à la Bernays. Dans sa phase émotionnelle, le capitalisme se rapproche dangereusement du totalitarisme. 

Commissaire : Francesco Garutti
Équipe curatoriale : Irene Chin, Jacqueline Meyer
Identité visuelle et design : OK-RM, Londres
Design de l’installation : Bernard Dubois, Bruxelles
Développement du design : Sébastien Larivière, Anh Truong

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