lundi 19 février 2018

Leonard Cohen - Jeux de dames

Le premier livre d'un musicien que j'aime beaucoup. En fait, j'avais découvert Cohen grâce à Nick Cave dont j'étais un gros fan dans la fleur de mon âge. Je connaissais son nom aussi grâce à Pennyroyal Tea de Nirvana. Plus tard j'ai appris que ce n'étais pas le chanteur rock typique, mais bien un professeur d'université, un poète reconnu, en fait un des plus grands du Canada... En, à vrai dire, sa musique n'est pas du rock, du tout, sauf qu'on peut y ressentir une fibre rock, une attitude qui, au fond, se rapproche du rock. A lire ce premier roman du grand Montréalais, cette impression n'est que renforcée. Son héros, le jeune Juif de Westmount du nom de Lawrence Breavman, est une sorte de beatnik qui s'ignore, rétif à tout ordre immuable, à toute idée antipoétique de l'univers. Un être romantique qui carbure à l'amour et à la recherche d'une sensation spirituelle supérieure. Le fond du roman est attendrissant, émouvant, très beau. Quant à la forme, j'ai été bien moins ravi. Il faut préciser que j'ai lu le roman en français, et notamment la traduction de Michel Doury (éditions Christian Bourgeois, 2002). Le style m'a paru assez décousu et lourd, on a du mal à suivre une réflexion ou une ligne poétique, ce qui, dans le cas d'un poète d'un lyrisme assez fluide comme Cohén, est plutôt surprenant. Je suppose donc que la traduction n'est pas à la hauteur de l'original (mais ce n'est qu'une hypothèse). La lecture demandait un effort de concentration constant, qui pour sa part nuisait à la spontanéité de la lecture et ainsi compromettait l'expérience globale.
Malgré tout cela, j'ai ressenti une réelle "brèche" en moi qui a laissé la lumière pénétrer dans les dédales caverneux de mon âme tourmentée (ou blasée ?). Et j'ai adoré ce roman que je relirais un jour.
Un détail important : j'ai lu le roman en tant que résidant de Westmount (ou presque, ma résidence pour le moment se trouvant à la limite avec Notre-Dame de Grâce) et j'ai pu me promener devant la maison où Cohen est né, tout en lisant. L'exposition du MAC de Montréal consacrée à son oeuvre est toujours ouverte.

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